Je suis d’un naturel plutôt optimiste mais il faut bien l’avouer, les temps que nous traversons sont assez moroses.
Entre l’instabilité politique, le ralentissement économique et la menace de l’IA qui pèse sur de nombreux emplois, on ne compte plus les facteurs anxiogènes auxquels on doit faire face quotidiennement.
Et face à l’incertitude et à l’instabilité, le premier réflexe est de limiter au maximum la prise de risque. Une forme de paralysie qui met tous les projets à l’arrêt.
Mais est-ce la meilleure façon de réagir quand on traverse une période instable ? N’y a t-il pas d’autres façons de faire pour continuer à avancer ?
Construire son scenario catastrophe
Vous avez peur de perdre votre travail, que votre entreprise ferme ou de devoir recommencer votre vie professionnelle de zéro ?
Ces perspectives ne sont effectivement pas très positives, je vous l’accorde ! Pour autant, regarder la vérité en face est ce qui va réellement vous aider à avancer. Faites votre scénario catastrophe : que pourrait-il vous arriver concrètement ? À quel niveau de probabilité estimez-vous ce scénario ?
Et ensuite : quels seraient vos leviers et vos moyens d’actions si ce scénario venait à se produire ? Avez-vous un peu d’argent de côté pour assumer vos besoins pendant plusieurs mois ? Savez-vous quel montant d’allocations chômages vous toucheriez en cas de licenciement économique ou rupture conventionnelle ? Avez-vous déjà en tête des idées de reconversion ou de réorientation professionnelle que vous pourriez mettre en place ?
Le fait de vous projeter dans ce scénario vous aidera à mieux appréhender l’incertitude ambiante et à accepter plus facilement le changement s’il venait à se concrétiser prochainement.
Si vous vous sentez perdu·e, vous pouvez simuler vos allocations chômages ici et construire des projets professionnels alternatifs lors d’un accompagnement en bilan de compétences.
Faire le deuil du "bon moment"
Pour sortir de l’inertie et de la culpabilité générées par le contexte actuel, il est aussi important d’en finir avec le mythe du “bon moment.”
On a tendance à penser que les périodes incertaines ne font pas bon ménage avec l’investissement immobilier, les changements de vie, les reconversions professionnelles. Face à l’instabilité générale, on ressent d’autant plus le besoin de sécurité.
En effet, lorsque le contexte est mauvais, nous expérimentons un biais cognitif qui nous pousse à croire que l’immobilisation va assurer (ou sécuriser) les éléments positifs que nous avons dans notre vie. Cela nous pousse à rester dans l’inertie et à attendre le “bon moment” pour enclencher les changements ou mettre en place des projets.
Seulement voilà, le “bon moment” n’existe pas. Si l’on commence à analyser les choses à l’aune d’autres prismes que le nôtre, ce ne sera jamais le bon moment. Si l’on ressent le besoin d’initier des changements, je pense que c’est le signe qui doit nous pousser à l’action.
Je dirais même que dans les contextes difficiles, il est important de créer des opportunités de bien-être, des actions positives. À l’instar des personnes victimes d’éco-anxiété qui s’engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique, les temps difficiles doivent nous pousser à chercher de l’espoir quelque part. Dans un projet, un changement, un acte militant. En restant dans l’inertie, nous accentuons le mal-être général d’un mal-être personnel. Alors que tout ce dont nous avons besoin, c’est de voir la lumière et de se rattacher à des choses concrètes, qui nous redonnent de l’espoir.
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Lâcher prise tout en restant en mouvement
Si certains facteurs sont hors de notre portée (instabilité politique, contexte économique, santé financière de notre entreprise, impact de l’IA, etc.), on peut en revanche se focaliser sur des éléments qui relèvent de notre champ d’action. C’est là que l’énergie que nous déployons peut nous être favorable ! Et même réduire le niveau d’anxiété.
On touche alors du doigt la notion de lâcher prise. Comprendre qu’il y a des choses sur lesquelles nous pouvons agir : ce que nous faisons, ce que nous disons, les efforts ou projets que nous mettons en place, notre relation aux autres etc. Et d’autres qui sont hors de notre contrôle. En adoptant ce lâcher prise, on comprend que l’inertie et l’immobilisme ne résoudront pas le problème des facteurs anxiogènes car ils sont dans tous les cas hors de notre portée.
C’est pourquoi il est important, même dans les périodes de morosité générale, d’entreprendre des choses à une échelle individuelle et de ne pas mettre de côté ses projets personnels. L’action permet de prendre du recul par rapport aux événements extérieurs, de se fixer des objectifs et de préserver notre santé mentale.
Autorisez-vous également à demander l’aide dont vous avez besoin. Minimiser l’impact que le climat général peut avoir sur nous n’est jamais une bonne idée. Il est important de se protéger, de se préserver et pourquoi pas de se faire accompagner par un·e psychologue, un·e coach ou autre pour digérer les temps incertains que nous traversons.