Comment dépasser la peur de l’échec ?

Il y a quelques temps, on vous parlait de comment vivre de sa passion et on vous suggérait de vous lancer dans des projets personnels. Ça, c’est la théorie. Dans la pratique, il y a une question sous-jacente que l’on a volontairement éludée : comment se débarrasser de la peur de l’échec ?

Le plus grand frein à tout nouveau projet. Derrière la notion négative du terme « échec » se cachent en réalité plusieurs vertus ; des vertus d’apprentissage ou de bifurcation par exemple. C’est surtout en France que nous associons encore l’échec à une expérience très négative voire dramatique alors que nos amis anglos-saxons ou scandinaves valorisent les personnes qui ont connu l’échec : dans ces cultures, l’échec est vécu comme un moyen d’expérimenter, d’avancer, de se perfectionner.

Évidemment, plus facile à dire qu’à faire. J’ai moi-même vécu un échec très douloureux quand l’ami avec qui je devais lancer Misfit m’a annoncé une semaine avant de déposer les statuts au Greffe : “En fait Roxane, Misfit ça va pas le faire”. J’étais effondrée. J’avais passé 1 an à discuter avec lui toutes les semaines de ce projet et je me reposais complètement sur son expérience pour me lancer dans l’entrepreneuriat. 

C’est finalement cet échec qui m’a permis de développer des accompagnements spécialisés pour les femmes, et de développer Misfit exactement comme je l’imaginais. Alors oui, ça a piqué au début, mais aujourd’hui je bénis cet événement. 

Je vous partage maintenant quelques clés que j’ai apprises en cours de route ! 

 

Outil #1 : Changer son référentiel de réussite

De manière assez unanime, on oppose l’échec à la réussite. La réussite est communément définie comme une issue favorable, un heureux dénouement, l’accomplissement d’une action. 

Au cours des sessions d’accompagnement, je me suis rendu compte que la peur de l’échec était souvent liée à la peur de perdre quelque chose : une reconnaissance, une stabilité financière, un statut social, des relations. 

Je rappelle souvent alors à mes coachées que les concepts de réussite et d’échec sont des concepts immatériels, et totalement subjectifs. La première étape est d’arriver à créer sa propre définition du succès. Pour moi, la réussite peut être la multiplication d’expériences professionnelles variées alors que pour une autre personne, il s’agira d’être employée dans une même entreprise tout au long de sa carrière. En construisant notre propre référentiel, la réussite ne sera plus définie comme une succession de gains mais elle reposera sur des notions de gains/pertes définis personnellement. Et notre vision de l’échec en sera naturellement modifiée. 

 

Outil #2 : Dissocier échec et valeur personnelle

Lorsqu’on se retrouve confronté à une situation dite d’échec, on y associe des sentiments négatifs : de la honte, de la culpabilité, de la fragilité, de la déception par rapport à nos attentes et par rapport aux autres. Notre cerveau fait très vite un raccourci et associe à l’échec une notion d’incompétence, de dévalorisation. A terme, ces schémas entachent la confiance en soi et alimentent d’autant plus la peur de l’échec. Chaque loupé sera vécu comme une confirmation de notre incompétence, de notre incapacité, de notre manque de valeur.

Mais il est très important de souligner que rater ce n’est pas être une ratée. C’est une confusion qui revient très régulièrement dans les sessions d’accompagnements ; les Misfit que je rencontre s’identifient presque systématiquement à leurs échecs passés ou futurs. Il faut se répéter que si l’échec m’appartient et qu’il fait partie de mon expérience de vie, il n’est pas « moi » : il ne définit ni ma valeur ni ma personne. 

Il est important de comprendre que ce qui fait peur dans le fait d’échouer, c’est aussi le regard des autres : que vont-ils penser de ma situation ? quelle valeur vont-ils associer à ma personne et à ma réussite ? Là encore, il est important de se souvenir que l’échec est subjectif et qu’on échoue par rapport à un référentiel de réussite admis par la norme, par le plus grand nombre.

 

Outil #3 : Voir l’échec comme une opportunité de bifurquer, d’apprendre ou  d’évoluer dans une direction qui nous va mieux

Pour se débarrasser de la peur de l’échec, il faut changer sa vision de l’échec. J’aime toujours rappeler que l’échec est inévitable ; cela fait partie intégrante du processus humain d’apprentissage. Nous en avons besoin pour évoluer car nous sommes plus enclins à apprendre de nos expériences que de connaissances purement théoriques. Thomas Edison, le fondateur de General Electric aimait souvent dire :  « Je n’ai pas échoué des milliers de fois, j’ai réussi des milliers de tentatives qui n’ont pas fonctionné »

A l’instar  de Thomas Edison et des anglos-saxons, je suis intimement convaincue qu’une personne qui n’échoue pas est une personne qui n’essaie pas, qui ne remet pas en cause son système de pensée, qui ne s’interroge pas sur sa place, sur sa voie. Charles Pépin en parle incroyablement bien dans sa conférence sur les vertus de l’échec (on vous met le lien en deuxième partie de cette newsletter) : il appréhende les expériences négatives comme autant d’occasions de bifurquer, de changer de voie, de se renouveler, de se réinventer et de se reconnecter avec son vrai soi.

C’est avec ces idées-là que j’ai complètement changé mon rapport à l’échec et que j’ai commencé à y voir de simples expériences et des carrefours de vie dont je pourrais tirer des apprentissages ou non, dont je pourrais m’inspirer, qui me pousseraient à m’interroger et à me réinventer. 

Aujourd’hui, j’ai le sentiment de vivre de moins en moins d’échecs, ou alors de les vivre moins douloureusement. Et je suis convaincue que ce n’est pas lié à ma performance, mais plutôt à ma façon de voir les choses !