Comment se défaire du syndrome de la bonne élève ?

Je ne sais pas vous, mais à l’école, j’ai toujours été première de la classe. La chouchoute comme on dit. Je collectionnais les bonnes notes, tout en ayant une attitude irréprochable. 

En grande fan d’Harry Potter, je me suis beaucoup reconnue dans la figure d’Hermione Granger. 

Pendant longtemps, j’ai été victime du syndrome de la bonne élève. Vu de l’extérieur, ce syndrome ne semble pas être problématique. Mais en réalité, il cache une recherche constante de la validation de ses capacités par une figure d’autorité extérieure.

Aujourd’hui, on vous aide à comprendre ce qu’est le syndrome de la bonne élève. Ses causes, ses symptômes et aussi les moyens de s’en défaire ! 

syndrome de la bonne élève

Syndrome de la bonne élève : comment le repérer ?

C’est quoi le syndrome de la bonne élève ?

Le syndrome de la bonne élève c’est ce besoin quasi viscéral de tout faire parfaitement, en satisfaisant les attentes de toute figure d’autorité : parents, professeurs, patrons…

Il n’existe pas de profil type quand on parle du syndrome de la bonne élève. Il peut subvenir en réponse à une éducation, un manque de confiance ou en fonction d’une personnalité. En revanche, il semblerait que le syndrome soit plus répandu chez les femmes. 

En effet, dans l’éducation, on valorise l’obéissance, la discipline et le sérieux chez les petites filles quand on encourage les garçons à occuper l’espace et à oser. Sans surprise, on retrouve ces comportements à l’âge adulte et en milieu professionnel. 

Quels sont les mécanismes qui se mettent en place ?

Le syndrome de la bonne élève pousse à entretenir une boucle de reconnaissance et de gratification qui vient de l’extérieur. Si l’on devait résumer en une phrase le syndrome de la bonne élève, ce serait le besoin de faire les choses correctement, dans le respect des consignes et attendre qu’une figure d’autorité évalue et valide notre travail. 

Le syndrome de la bonne élève entretient les injonctions intérieures à faire plaisir et être parfaite. En effet, lorsque l’on souffre de ce syndrome, on va anticiper ce que les figures d’autorité attendent de nous dans un cadre donné et surpasser ces attentes. Le but est de ne pas décevoir et de satisfaire la personne qui crée le cadre.

C’est sans doute la raison pour laquelle tant de femmes que nous accompagnons chez Misfit nous disent “J’ai choisi mes études en suivant les conseils de mon prof au lycée. ” Ces phrases en disent long sur le pouvoir que peut exercer une figure d’autorité et la relation de dépendance qui la lie au bon élève.

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Les risques et conséquences au travail

Sur le long terme, le syndrome de la bonne élève crée une difficulté à poser ses limites, un fort besoin de suivre des consignes et une posture de soumission.

La difficulté à poser ses limites

Lorsque l’on est dans une quête de validation extérieure, on se sent mal si l’on n’applique pas les règles à la lettre, si l’on n’obéit pas aux consignes données ou si l’on ne rentre pas dans le moule. 

Le syndrome de la bonne élève empêche de sortir du cadre donné par l’autorité identifiée. Ainsi, on ne désobéira pas au professeur de la même manière que l’on exécutera les ordres venant de notre patron.

Ainsi, le syndrome de la bonne élève rend le “non” difficile voire inconcevable. En effet, il s’agit surtout de ne pas faire de vagues et là encore, de ne pas décevoir. Cette propension à obéir aux règles suppose aussi une difficulté à développer une pensée par soi-même ou à exercer son libre-arbitre.

La recherche constante de consignes

Les personnes victimes du syndrome de la bonne élève ont toujours besoin d’un référentiel donné par une autorité extérieure. 

Cela les conduit à rechercher perpétuellement des consignes pour être guidées. Et cela peut devenir une véritable addiction ! En effet, sans consigne, le ou la bon·ne élève n’a pas de feuille de route sur laquelle calquer son comportement et se sent perdu·e. 

Au cours des sessions d’accompagnement, je remarque que de nombreuses femmes ont du mal à prendre des décisions par elles-mêmes. Sans figure d’autorité à satisfaire, elles ne savent pas où aller et ne se font pas suffisamment confiance pour prendre des décisions.

Une posture de soumission

Enfin, le syndrome de la bonne élève peut nous pousser à adopter une posture de soumission. Si le but est de satisfaire pleinement une autorité que l’on voit comme ayant plus de valeur que nous, il y a de grandes chances pour que l’on perde le contrôle de notre vie.

On devient alors un·e parfait·e exécutant·e du désir des autres. Cela peut créer des situations désastreuses : harcèlement, relations toxiques, burnout…

Syndrome de la bonne élève : comment le contrer ?

Alors, comment ne pas s’enliser dans des situations dangereuses et se défaire du syndrome de la bonne élève ?

Le premier conseil que je donne est de s’autoriser à ne pas faire les choses parfaitement et de ne pas se mettre la pression à rendre une copie de 20/20. En effet, après avoir fait mes premiers pas dans le monde de l’entreprise, je me suis forcée à prendre du recul et à être plus douce envers moi-même. Cela ne veut pas dire que je suis moins perfectionniste mais j’apprends à ne pas me focaliser uniquement sur mes erreurs. C’est très libérateur ! 

Le deuxième conseil est de se laisser le droit de désobéir. Et de contester
les règles ! Surtout lorsque votre bien-être est en jeu… Cela peut être refuser de faire des heures supplémentaires ou d’accomplir une tâche qui ne vous incombe pas. Ce qui pourrait être vu comme de la désobéissance est en fait le besoin de s’écouter et faire valoir ses besoins. 

Si j’ai lancé Misfit aujourd’hui c’est aussi parce que j’ai désobéi : aux injonctions familiales, au confort du salariat, à l’injonction de faire un métier en lien avec mes études.

Vous apprendrez à vous défaire du syndrome de la bonne élève en vous recentrant sur vos besoins, vos envies et vos désirs. Vous apprendrez à créer un référentiel qui correspond à vos valeurs et vous deviendrez alors la seule figure d’autorité recevable. Se recentrer sur soi passe forcément par une grande phase d’introspection pour connaître ses désirs. Si cela peut sembler complexe, j’ai rédigé un article pour vous guider dans cet exercice ici.

Enfin, vous pouvez vous tourner vers une coach pour vous accompagner dans ce processus. N’hésitez pas à réserver un appel découverte pour faire le point avec l’une de nos coachs qui vous aidera à y voir plus clair sur vos besoins et les mécanismes que vous pourriez dépasser.