Etude de cas #1 : Tout ce qu'il s'est passé dans ma tête avant que je me décide à entreprendre

Il s'est passé 5 ans entre le début de mes envies entrepreneuriales et le moment où j'ai lancé ma société. Même si je suis très fière de mon parcours et que je garde de très bons souvenirs de toutes mes expériences professionnelles, une partie de moi ne cesse de me dire "Arf, j'aurais quand même pu me lancer plus tôt". Vraiment ?

Aussi naturel que mon parcours m'a semblé être, maintenant que je suis coach professionnelle je vois ce que j'aurais pu faire pour lever mes freins psychologiques et me lancer dans l'aventure entrepreneuriale bien plus tôt. Je vous propose de faire une petite "étude de cas de coaching" pour revenir sur ce qu'il s'est passé dans ma tête et la façon dont j'aurais pu m'auto-coacher. Commençons par un retour en 2014.

Partie 1 : Ce qu'il s'est passé dans ma tête

Phase 1 : Déclic

Je comprends ce qu'est l'entrepreneuriat en lançant une association de mode et de DIY au sein de mon école de commerce. C'est le moment où je me familiarise avec le concept : entreprendre ça donne une pêche d'enfer et procure un sentiment d'accomplissement incomparable ! En effet, ça revient à concrétiser un projet et donner vie à une idée qui te trotte dans la tête. En revanche, dans la pratique, c'est aussi gérer beaucoup de galères et de difficultés. Le fait de lancer mon asso alors que je suis en stage au sein d'une grande entreprise clarifie la situation : le contraste entre l'autonomie et l'épanouissement que je tire en tant que présidente d'association et l'ennui et le manque de marge de manœuvre au sein de mon stage en marketing est frappant. Pour moi, ça ne fait aucun doute, c'est en donnant naissance à des projets auxquels je crois que je vais m'épanouir dans ma vie pro.

Phase 2 : Confrontation à la réalité

Très vite, je confronte mon envie avec mes amis et mes proches :

"Quelle légitimité penses-tu avoir pour lancer une entreprise en ayant travaillé moins d'un an dans ta vie ?"

"Sans argent comment pourras-tu lancer un quelconque projet ?"

"Mais tu n'as pas d'idée d'entreprise vraiment innovante !"

"Avec si peu d'expérience professionnelle, c'est sûr que tu vas te planter. Tous les entrepreneurs à succès ont au moins la trentaine"

"C'était bien la peine d'avoir un tel diplôme pour finalement ne pas s'en servir pour se faire embaucher dans une super entreprise"

Toutes ces remarques me découragent. Entreprendre a l'air d'être une aventure extrêmement difficile pour laquelle je ne suis clairement pas prête. Monter une entreprise me semble être une montagne impossible à gravir. Étant de nature assez inquiète, je n'arrive pas à me convaincre que je pourrais me lancer dès à présent.

Phase 3 : Résignation


J'accepte que me lancer dans l'entrepreneuriat à la sortie de mes études n'est pas raisonnable. Je décide donc d'attendre pour prendre le temps de gagner tout ce qu'il me manque : de l'expérience, de la légitimité et de l'argent.

Je me tourne donc vers la recherche d'un job en startup qui me permettra de bien connaître le milieu de l'entrepreneuriat.

Phase 4 : Construction et entretien de mes croyances limitantes

S'en sont suivis plusieurs années pendant lesquelles j'ai entretenu ma résignation en l'alimentant de nouvelles croyances limitantes chaque année :

"Si je n'ai jamais été manager, comment pourrais-je être capable de manager une équipe dans le futur ?"

"Si je n'ai jamais été responsable d'un produit, comment pourrais-je avoir la légitimité de lancer un produit au sein de ma future entreprise ?"

"Si je n'ai pas d'associé, qu'est-ce que je serai capable d'accomplir seule ?"

"Si je n'ai pas accès au chômage, comment pourrais-je subvenir à mes besoins personnels ?"

Les années passent et je n'arrive toujours pas à me trouver légitime, assez expérimentée, ou vraiment "prête" à me lancer. Je vois toujours une façon d'être "mieux préparée".

Phase 5 : Prise de conscience de l’absurde de la situation

C'est sur les années 2018 et 2019 que je suis confrontée à plusieurs situations qui me font réfléchir :

La première s'est produite quand je travaillais à Seedstars, le plus grand réseau d'entrepreneurs dans les pays émergents, qui m'a permis de rencontrer beaucoup d'entrepreneurs venant de pays défavorisés. Ces entrepreneurs ont très peu de moyens, souvent un "moins bon diplôme" que le mien, et pourtant, ils montent des entreprises. Même si cet exemple commence à m'interpeller, je ne me trouve toujours pas assez capable.

Je suis ensuite embauchée pour lancer un programme d'entrepreneuriat et accompagner des étudiants entrepreneurs dans le lancement de leur startup. Je suis alors confrontée à une vingtaine de jeunes entre 21 et 25 ans, tout juste sortis des études, qui ont renoncé au confort du CDI et ont eu le courage de devenir entrepreneurs.

Ils sont tous plus jeunes, moins expérimentés et ont moins de ressources financières que moi. Et pourtant, ils montent leur entreprise, en plaçant leur confiance en moi pour les aider. Bien que leur énergie et leur courage m'inspirent beaucoup, j'en reste à me trouver des excuses et me dire que je préfère attendre un an pour trouver un associé et avoir plus d'expérience.

"Ok, mais moi je suis moins débrouillarde, je n'ai d'expérience que dans le marketing, comment je réussirais à monter une entreprise ?"


Une rencontre sera décisive pour moi : une discussion avec (enfin !) une femme entrepreneure, Marjolaine Grondin, la CEO de Jam. À cette époque-là, je pensais que je n'arriverais pas à faire entendre ma voix et à convaincre dans ce milieu où 80 % des dirigeants sont des hommes. Après lui avoir demandé si ce n'était pas trop dur d'évoluer dans ce milieu en tant que femme, elle me confie :

"C'est peut-être plus difficile, à vrai dire j'en sais rien. Ce sur quoi je me focalise, c'est que le fait d'être une femme te permet aussi de saisir des opportunités inaccessibles aux hommes. Mais finalement, je décide d'ignorer cette différence, beaucoup de femmes réussissent aussi !"

C'est à ce moment je ne trouve plus vraiment de raisons "rationnelles" pour ne pas me lancer. Mais je sens que l'émotionnel bloque encore : je ne me sens pas légitime et je présente toutes les caractéristiques du syndrome de l'imposteur.

Phase 6 : Mobilisation de mes ressources


Sur les conseils de Marjolaine, je prends contact avec un coach professionnel. En quelques séances j'arrive à croire en mes forces et mes capacités pour devenir entrepreneure. Au fur et à mesure de nos discussions, je comprends comment retrouver confiance en moi et vaincre mon syndrome de l'imposteur.

Phase 7 : Levée de tous les freins et décision

Ce qui a suivi a été très surprenant : alors que pendant 5 ans je me trouvais des excuses pour ne pas me lancer dans l'entrepreneuriat, je ne voyais plus aucune raison pour ne pas entreprendre, et toutes les excuses que j'aurais pu me trouver me semblaient absurdes.

J'arrivais largement à justifier les raisons que j'avais à me lancer maintenant et je devins vite imperméable aux avertissements et remarques négatives. Guidée par ce sentiment d'évidence et un peu amer d'avoir attendu autant, j'annonce mon départ à mon entreprise.

Et me voilà aujourd'hui en train de lancer Misfit ! Ouf, je me suis enfin jetée à l'eau. Si vous me lisez et que vous êtes en train de vous dire "En ce qui me concerne, je n'ai surtout pas envie d'attendre 5 ans !", c'est maintenant la coach en moi qui prend le relais pour faire une analyse de la situation.

Partie 2 : Ce qu'il aurait pu se passer dans ma tête


Beaucoup se joue dans les phases 2 et 3, mais vous pouvez encore changer la donne dans la phase 4. Voyons maintenant comment sortir de ces phases et quelles seraient les versions alternatives à ce scénario :

Sortir de la phase 2 : Confrontation à la réalité

Au moment où je confronte mon envie à l'avis de mes proches, voilà ce qu'il se passe :

Mon cerveau ne remet pas en question les remarques de mes proches et les accepte comme étant des réalités. Je crée alors une croyance. Avoir une croyance, c'est le fait d'adhérer à une thèse ou une hypothèse, de façon à la considérer comme une vérité, indépendamment des faits, ou de l'absence de faits, confirmant ou infirmant cette thèse ou cette hypothèse.

Ce qui est trompeur ici, c'est qu'il est très difficile de questionner une croyance. En revanche, si elle n'est pas encore très bien ancrée, il est possible d'empêcher sa formation. Mon erreur, c'est d'avoir laissé cette croyance se créer sans avoir remis en question les remarques qui m'étaient faites. Voici ce que j'aurais pu faire :

Je serais peut-être arrivée à la conclusion que j’aurais pu commencer dès la fin de mes études, qui sait ?

Sortir de la phase 3 : Résignation

Il est tout à fait possible que même en ayant remis en questions les remarques de vos proches, vous soyez quand même arrivé.e à la conclusion que non, vous ne pouviez pas entreprendre dès maintenant. Vous pouvez alors décider de vous résigner et de poursuivre votre chemin comme moi, OU vous pouvez essayer de prouver que cette croyance est fausse en vous posant cette question simple :

Qu'est-ce qui vous ferait croire que finalement c'est possible ?

Voir une personne qui a exactement le même profil que vous réaliser cette action ? 

Simuler cette action dans des conditions moins difficiles ?

Voir quelqu’un réaliser cette action avec moins de moyens que vous ?

Nous sommes tous différents sur ce sujet, d'ailleurs, vous avez peut-être une autre façon de vous prouver qu'une action est possible. Une fois que vous avez identifié la bonne manière d'y croire pour vous, cherchez à la mettre en œuvre et observez ce qu'il se passe :)


Malgré vos efforts vous n'avez pas réussi à prouver que cette croyance était fausse ? Regardons ce que vous pouvez encore faire à la phase 4.

Sortir de la phase 4 : Construction et entretien de mes croyances limitantes

Si vous êtes dans la phase 4 où vous entretenez vous-mêmes vos croyances en les nourrissant de vos propres peurs, il est bon de se demander si cette façon de penser vous sert ou vous dessert dans l'accomplissement de vos objectifs et ambitions. Voici les questions importantes sur lesquelles méditer :

Qu’est-ce que continuer à penser de cette manière vous fait perdre ?

Qu’est-ce que vous gagneriez à vous lancer maintenant ?

Quelle façon de penser serait plus aidante pour votre cas spécifique ?


Vous avez maintenant beaucoup d'outils pour réfléchir d'une manière plus claire au bon moment pour entreprendre. En tout cas, j'espère que l'étude de mon cas aura pu vous aider.

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