#12 : Comment j'ai quitté mon job sans plan ni économies de côté pour me recentrer sur moi et apprendre à m'écouter

Cela fait bientôt 1 an que Barbara a lancé sa marque d’accessoires de yoga et méditation qu’elle confectionne elle-même depuis chez elle à Toulouse, Les Barbaries.

Avant ça, Barbara était responsable communication au sein d’une école post-bac, un métier qui ne l’épanouissait pas et la stressait au quotidien. C’est après un long cheminement interne entre séances de sonothérapie, reconnexion à la nature et un temps volontairement inactif pour se recentrer sur elle-même que Barbara a décidé d’enlever le masque de la petite fille modèle qu’elle portait et d’envisager une vie professionnelle à son image, favorisant sa créativité et laissant libre cours à son intuition.

On peut avoir un parcours “sans tâche” et ne pas se sentir à sa place

D’origine niçoise, je suis partie en IUT “métiers du multimédia” après un bac scientifique décroché tant bien que mal. J’étais soulagée de voir qu’on pouvait faire autre chose que de l’histoire, des maths ou du français et ces études m’ont aidé à développer ma créativité : j’ai appris à utiliser différents outils de communication tels que la radio, les sites internet, le graphisme ou la vidéo.

J’ai ensuite enchaîné sur une licence 3 et un master en communication à Toulouse, qui ont débouché sur un premier travail de chargée de communication trouvé immédiatement au sein d’une école.

J’avais néanmoins décidé de commencer à travailler à mi-temps car je voulais garder le mi-temps que j’avais en boulangerie. J’adorais le contact avec les clients et je n’étais pas prête à le perdre. Au bout d’un an je suis passée en CDI à temps plein et c’est là que j’ai commencé à me rendre compte que je n’étais pas à ma place.

Quitter mon job sans perspectives après une longue phase de remise en question

J’ai commencé à ressentir beaucoup de stress dans mon quotidien et j’avais souvent une boule au ventre. Un jour un ami m’a offert un soin de sonothérapie, et m’a dit : “Ne regarde pas ce que c’est avant d’y aller, je te donne juste le jour et l’heure du RDV”. J’y suis donc allée et après cette heure à écouter et ressentir les vibrations d’instruments, ma boule avait disparu.

C’est alors que j’ai commencé à m’intéresser plus en profondeur au monde du bien-être et aux médecines alternatives. J’ai pu en parallèle reconnecter avec la nature et les travaux manuels grâce à la famille de mon copain qui habite à la campagne. Le weekend je m’occupais des ânes et du potager et le décalage entre ce que je ressentais quand je faisais du travail manuel et ce que je ressentais quand je travaillais m’a sauté aux yeux.

Mon mal-être professionnel commençait à avoir un impact fort sur mon corps et mon comportement : je devenais exécrable avec tout le monde et j’ai commencé à développer des allergies alors que je n’avais jamais été allergique auparavant. Je suis passée par une longue phase de remise en question sur moi-même jusqu’à conclure au bout de 6 mois que c’était bien mon métier qui ne me correspondait pas.

J’ai alors pris la décision radicale de démissionner et en août 2018 je terminais mon CDI. Je n’avais pas le droit au chômage, je n’avais même pas 300€ sur mon compte et j’avais zéro perspective. La priorité était de me détacher de ce poste qui me pompait toute mon énergie.

1 an pour me retrouver et prendre soin de moi

Comme je n’avais pas d’argent de côté, ma priorité était de retrouver une certaine sécurité financière. J’ai alors trouvé un CDD de 4 mois dans une chocolaterie et à la fin j’ai pu débloquer mes deux ans de chômage.

J’ai profité de ce temps de chômage pour me recentrer sur moi et apprendre la couture. J’ai commencé à coudre des coussins de méditations pour mon usage personnel et mes proches, sans perspective de vente derrière. J’étais assez convaincue que je voulais me réorienter dans le monde du bien-être donc j’ai décidé de faire une formation de sonothérapie pour commencer.

Pendant 1 an j’alternais entre l’apprentissage de la couture et de la sonothérapie. Même si beaucoup de personnes critiquaient cette situation de “non productivité”, ce temps pris pour moi était nécessaire et réellement bénéfique.

Mon syndrome de l’imposteur dépassé par l’envie de me montrer aux autres telle que je suis réellement

J’ai été élevée par mon père qui est entrepreneur donc depuis toute petite j’avais cette envie d’avoir une entreprise comme lui, d’être “ma propre cheffe”. Et puis je n’avais jamais été vraiment à l’aise avec la hiérarchie donc ça me semblait assez logique.

Vu les compliments que je recevais sur mes confections, je commençais à penser à vendre mes coussins, mais je n’osais pas : je ressentais très fortement le syndrome de l’imposteur et je ne me sentais pas légitime de vendre des produits de plus de 70€.

C’est quand j’ai vu qu’il me restait moins d’un an de chômage que j’ai ressenti l’urgence de trouver une solution. Je commençais aussi à ressentir une envie forte de montrer aux autres ce dont j’étais capable. J’avais toujours eu l’image de la petite fille parfaite donc là je me suis dit “Merde, je vais faire ce que j’aime, être moi-même et m’exprimer.”

Aujourd’hui j’entreprends en suivant mon intuition

Quand on monte son propre projet, on reçoit beaucoup de conseils dont j’ai dû apprendre à me détacher. J’écoute ce que les autres me disent mais j’essaye de ne surtout pas me faire influencer.

J’essaye d’écouter au maximum mon corps et ce que ma vie intérieure me transmet : si un jour je n’ai pas envie de coudre, je ne couds pas et je fais autre chose. Quand je m’écoute je trouve toujours des solutions qui sont parfaites et qui débloquent mes problèmes.

Aujourd’hui mon chômage se termine et je suis très fière d’avoir pu me payer sur les mois de novembre et décembre. J’ai même pu mettre un peu d’argent de côté pour investir dans des nouvelles collections.

Mon objectif est de garder un alignement avec moi-même en restant indépendante. À côté, je réalise des missions en communication en freelance pour une entreprise qui fait de la cybersécurité. Cette deuxième activité me permet de compléter mes revenus le temps que mon activité se stabilise.

Mes conseils si vous avez l’impression d’être dans la même phase de remise en questions que moi auparavant :

  • Vous faire confiance : si vous sentez que quelque chose ne va pas, ce n’est pas que vous êtes folle ou que vous devez changer quelque chose chez vous. Au contraire, écoutez-vous et recherchez d’où vient le point de douleur et ce qui provoque ce sentiment de malaise.
  • N’ayez pas peur de vous lancer sans rien : j’ai lancé mon entreprise avec 1 000€ de cotisations chômage par mois, une machine à coudre et une motivation sans faille. C’est possible !
  • Ne vous isolez pas, au contraire, intégrez vos proches dans votre processus de questionnement : en étant toute seule dans ce cheminement vous risquez de passer à côté de pas mal d’éléments
  • Ne vous identifiez pas à la case dans laquelle vos études vous ont mise : personne n’est censé rentrer dans une case et il est possible que vos études ne correspondent pas du tout à votre personnalité !

Ce qu’on peut retenir du parcours de Barbara, par Roxane Régnier, fondatrice de Misfit :

  • Comme Camille qui avait ressenti une période d’épuisement quand elle se sentait enfermée dans son métier, Barbara a somatisé : son corps lui a envoyé des signaux clairs sur sa souffrance interne. Stress, allergies et boule au ventre étaient des réponses corporelles à un besoin psychique de changement. Il est crucial de rester attentive aux signaux que nous envoie notre corps, car ils sont parfois plus parlants que nos pensées.
  • Il est possible de quitter son job sans plan ni perspective ! Quand notre travail nous prend trop d’énergie et nous enferme dans une spirale négative, la priorité est de retrouver de la bande passante. Quitter son travail sans avoir de plan peut faire peur, mais il est impossible de se projeter dans l’avenir si la souffrance, la frustration et la fatigue nous retiennent dans le présent. Le fait de retrouver possession de votre temps vous permettra d’envisager de nouvelles perspectives et de construire un plan pour rebondir, comme Barbara l’a fait.
  • L’importance de prendre du temps pour se recentrer sur ses propres besoins : en tant qu’animal social nous nous incluons naturellement dans des groupes qui nous font dévier de nos propres besoins et personnalité. Il est important de faire fréquemment le point avec vous-même pour identifier ce que vous aimez, ce qui est important pour vous, quelles sont vos valeurs, etc. Dans le brouhaha de la vie on peut vite s’oublier et se définir par rapport aux projections de notre entourage.

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