Etude de cas #23 - Commencer des études de médecine à 27 ans après avoir été cheffe de produit dans le luxe

Au premier abord, cela semble un peu fou. Pauline était la première à penser que reprendre ses études à 27 ans pour devenir médecin était une pure folie. Mais voilà, tous les signes étaient là et son intuition l’a guidée petit à petit vers ce choix. Et à l’accepter surtout.

L’histoire de Pauline est celle des questions que l’on ne se pose pas, ou (presque) trop tard, des intuitions qui ressemblent à des obsessions et d’une voie enfin trouvée.

Le bore-out en début de carrière, ce n’est jamais bon signe

Je fais partie de celles qui ont toujours été de bonnes élèves. Je n’avais pas de difficulté particulière dans aucune matière mais un profil équilibré me prédestinant à suivre une ligne toute tracée lorsque se pose la question de l’orientation au lycée. Il me semble qu’à cette époque je n’ai pas la maturité pour prendre une décision qui me correspond pleinement et je me lance dans des études généralistes, sans vraiment me poser de question.

Je fais une prépa et intègre ensuite une prestigieuse école de commerce. C’est l’idéal pour garder toutes les portes ouvertes, plein de perspectives. Je me spécialise en Marketing et je travaille successivement dans deux grands groupes de luxe, un univers exigeant et une voie royale pour les métiers du marketing.

Si ma première expérience est une réussite, je change de poste pour rejoindre une grande Maison française, pensant me sortir de ma zone de confort et y trouver un plus grand challenge. Finalement, c’est une désillusion totale. Je m’ennuie, j’ai plein de temps à tuer. Et quand on a ce temps , s’ouvre ce que j’appelle « le boulevard de la pensée » : des flots incessants de questionnements existentiels sur ma vie professionnelle et son alignement avec mes valeurs. Je viens de commencer ma carrière, je suis en bore-out et je me pose déjà beaucoup de questions.

Je cherche un compromis et me lance dans un Master en santé publique

Si j’aime la rencontre des responsabilités, de la liberté et de la créativité avec la stratégie et les analyses financières que m’offre le marketing dans le luxe, je me rends très vite compte qu’il me manque une chose essentielle : l’humain. Je sens que j’ai besoin que l’humain soit au cœur de mon métier.

J’avais toujours dans un coin de ma tête une profession liée aux métiers de la santé mais je pensais m’y consacrer après mes 40 ans, après avoir fait ma carrière en marketing. Plus jeune, je n’avais pas envie de m’enfermer dans ce scientifico-rationnel. Après mon bore-out, je repense au domaine de la santé et si l’idée de devenir médecin me trotte déjà dans la tête, je la refoule. Cela me semblait fou d’avoir passé tant d’années à étudier une profession considérée comme prestigieuse pour finalement tout recommencer au bout de deux ans de travail.

Je me renseigne et trouve un compromis qui me permet de me rapprocher du domaine de la santé tout en capitalisant sur mes acquis : je démissionne de mon poste de cheffe de produit dans le luxe et je me lance dans un M2 d’un an : le Master analyse et management des établissements de santé de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique. Un entre-deux raisonnable. Je le finance avec mes économies et j’emprunte à la banque pour avoir un matelas de sécurité.

Très vite, l’idée de devenir médecin tourne à l’obsession

À l’issue de mon Master, alors que je cherche un stage, on me propose un CDI dans un cabinet de conseil en stratégie spécialisé en santé dont les principales missions visent à améliorer le fonctionnement des hôpitaux publics. Les médecins sont très impliqués dans la gestion hospitalière et je suis en contact avec eux quotidiennement.

Au début, je suis ravie mais plus le temps passe et plus je me rends compte que mon compromis ne tient pas. Je n’arrive plus à faire taire cette voix dans ma tête : je n’ai qu’une envie, être à la place de ces médecins !

Ça m’obsède : quand je suis en consultation chez le médecin, j’y pense, quand je vois mes amis médecins, j’y pense. Je me renseigne alors sur les passerelles pour devenir médecin. Contre toute attente, c’est presque assez “simple” : comme j’ai déjà un Master, je peux rentrer en 2ème année de médecine sur dossier et entretien. Il y a 250 candidats pour intégrer la 2ème et la 3ème année dans la faculté où je me présente, seulement 5 reçus en 2ème année.

Le plus difficile dans tout ça est de ne pas passer pour une folle. Mon entourage me soutient, certes, mais je sens que mon envie de reprendre des études longues à 27 ans fait peur. Au fond de moi, je sais que ce n’est pas un coup de tête, que c’est un cheminement long et réfléchi. Je me confronte à la réalité du métier et je sais que les études sont difficiles. J’en parle beaucoup avec ma petite sœur qui elle aussi fait médecine et me permet d’avoir un retour sans filtre sur la réalité du métier.

Je n’ai pas de bagage scientifique et je n’y crois pas trop mais je le tente quand même. Je me dis que lorsque j’aurai enfin un « non », je pourrai mettre ça derrière moi.

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Je me suis enfin sentie à ma place

Je décide de présenter la fac de Montpellier pour que mon conjoint et moi puissions quitter Paris. Pour le dossier, je dois rédiger une lettre de motivation. C’est une véritable introspection, j’y mets tout mon cœur et toute mon âme pour expliquer combien j’ai envie d’être médecin. Je suis vraiment allée chercher au fond de moi-même pourquoi je voulais faire cette reconversion.

L’attente des résultats me semble interminable, j’ai l’impression de jouer ma vie. Finalement, les résultats arrivent : je suis prise ! Je sens à ce moment-là une énorme libération, un soulagement. Je sais que je suis enfin à ma place !

Comme je m’y attendais, le rythme est très intense, pire que le prépa. Je dois tout apprendre par cœur mais malgré les difficultés je suis sûre de mon choix : j’adore apprendre, me lever le matin pour réviser. Les études de médecine sont très concrètes et je n’ai jamais été aussi sérieuse de toute ma vie !

La réussite de ma deuxième année et mon passage en 3ème année (déja !), ont vite mis derrière moi le manque de confiance et une certaine crise de légitimité. C’est simple mais vrai, quand on veut on peut. Il me reste encore 7 ans d’études et un peu plus si je me spécialise en gynéco. Parfois, je me sens un peu en décalage par rapport à mon entourage ; j’ai retrouvé un rythme étudiant avec des cours, des partiels mais bizarrement, je n’ai pas l’impression d’avoir régressé. Bien au contraire ; je sens que j’avance dans cette voie qui est la mienne et qui me fait vraiment grandir. J’ai arrêté de me mentir à moi-même et j’assume d’être différente de ce que je pensais être. 

Je ne sais pas vous mais à un moment, il m’a semblé moins courageux de reprendre des études longues que de continuer à faire semblant pour le reste de ma vie…

3 conseils à des femmes qui envisagent une reconversion et des études longues :

  • Toutes les barrières peuvent tomber, les unes après les autres. Mon expérience m’a appris qu’il y aurait toujours une solution, même pour l’aspect financier.
 
  • Ne pas se voiler la face et se confronter à la réalité du métier que l’on veut exercer pour être sûre de soi et de son choix.
 
  • S’écouter, avoir de l’intuition. Même si j’ai essayé de refouler mon envie d’être médecin, je sentais quelque chose de très fort ; quelque chose qui me disait que c’était vraiment ce que je devais faire.

Ce qu’on peut retenir du parcours de Pauline, par Roxane Régnier, Fondatrice de Misfit :

  • Pauline a su transformer ce sentiment qu’elle percevait comme de la “folie” en une direction saine et claire à suivre pour sa vie professionnelle. En fait, tout ce que nous percevons comme “fou” n’est que la dissonance entre notre état intérieur et notre réalité. Si vous réalignez votre réalité avec votre état intérieur, alors ce sentiment disparait et se changera en une évidence !
 
  • Commencer des études longues à la trentaine, c’est possible ! Pauline nous montre qu’avec un peu d’argent de côté, un emprunt personnel pour compenser la baisse de revenus et le soutien des proches, il est possible de revenir sur les bancs d’école.
 
  • Le pouvoir du “petit pas” : la reconversion de Pauline ne s’est pas faite en un jour, elle s’est d’abord dirigée vers un “entre-deux” avec un Master en Santé Publique. Cette expérience lui a permis de confirmer sa vocation de devenir médecin.

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