Etude de cas #24 - Devenir décoratrice d'intérieur après avoir été professeure d'anglais

Aujourd’hui, on laisse la parole à Caroline, une femme qui a su comprendre que sa vocation professionnelle n’était plus alignée avec ses besoins. Après avoir été professeure d’anglais, Caroline s’est reconvertie en décoratrice d’intérieur.

Caroline a su se réinventer, écouter son besoin de liberté et entreprendre une formation après plusieurs années de pause professionnelle et un syndrome de l’imposteur bien ancré. 

Aujourd’hui, elle concilie ses deux passions : la pédagogie de l’enseignement et son goût pour la décoration d’intérieur.

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J’ai toujours su que prof était ma vocation, mon chemin

D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu être professeure. C’était dans un coin de ma tête depuis mes 11 ans. Je crois qu’on appelle ça une vocation. Mon parcours a donc été effectué avec ce but en tête et sans encombre. J’ai été reçue aux concours et j’ai commencé ma carrière en tant que professeure d’anglais en région parisienne. 

Quelques années plus tard, alors que je viens d’avoir mon premier enfant, mon mari et moi comprenons que nous n’avons pas envie d’élever nos enfants en région parisienne. Mon mari, qui travaille dans la finance, a eu une opportunité de mutation au Luxembourg et en moins de deux mois, nous voilà sur le départ !

Je démissionne du jour au lendemain, sans me poser de question. Il était clair pour moi qu’à ce moment de ma vie, le projet personnel prenait le pas sur le projet professionnel. J’avais envie de quitter Paris et de consacrer du temps à mon nouveau rôle de maman.

etude de cas #24 - Devenir décoratrice d'intérieure après avoir été professeure d'anglais

Après mon deuxième enfant, je ne me sens plus alignée avec mon métier

Notre arrivée au Luxembourg marque le début d’une pause professionnelle de six ans pour moi. Peu de temps après notre arrivée, je tombe enceinte du deuxième et je suis toujours en phase avec mon envie de mettre mon activité professionnelle entre parenthèses pour m’occuper de mes enfants. 

Quelques mois plus tard, je souffre d’une dépression post-partum mêlée à une perte de repères. J’ai l’impression de n’être QUE maman. Je me sens perdue et je prends alors conscience que mon épanouissement personnel passe aussi par une activité professionnelle. J’envisage de redevenir professeur au Luxembourg mais pour prétendre à des postes dans des écoles du pays, j’aurais dû devenir bilingue en luxembourgeois ou allemand. Et pour être tout à fait honnête je ne me sens pas alignée avec les valeurs de l’enseignement prodigué dans les écoles françaises là-bas. Je suis dans une sorte d’impasse.

Il me faut une activité où concilier liberté et maternité.

Un de mes amis me dit qu’une de ses exs était décoratrice d’intérieur. Je ne sais pas pourquoi mais ça a fait tilt. Je me suis rendu compte que j’avais toujours aimé la décoration et que j’avais toujours mis beaucoup de soin à décorer ma chambre étant plus jeune. 

Lorsque j’entreprends la formation, je n’y vois encore qu’un loisir, un projet personnel pour retrouver du sens et du temps pour moi. Mais très vite, je sais qu’il sera question d’y consacrer plus de temps.

Je tombe enceinte de mon troisième (et dernier, promis) enfant. Et je me rends compte que le métier de décoratrice d’intérieur est une véritable aubaine pour moi : il me permet de concilier ma maternité et mon besoin de liberté. La liberté a toujours été au cœur de ma vie et après six ans de pause professionnelle, il me semble très difficile de redevenir salariée. 

Deux ans et demi après le début de ma formation, je fais taire mon syndrome de l’imposteur et je me lance. 

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Rester dans l'action a été le meilleur remède contre mon syndrome de l’imposteur

Parce que oui, j’ai dû affronter mon syndrome de l’imposteur. Quand on ressent une vocation pour un métier on peut se demander si on est compétent·e dans un autre domaine. 

J’ai dépassé ce syndrome en me focalisant sur les petites victoires du quotidien : mes premiers clients, les premiers retours enthousiastes…Mais j’ai surtout compris une chose primordiale à mes débuts : je ne pouvais pas être paralysée par la peur. J’ai compris que dans tout chemin de vie, il est inévitable de se confronter à l’inconfort du changement et agir. C’est aussi ma nature à être dans l’action qui m’a aidée : j’ai testé des choses, j’ai appris de mes erreurs et j’ai vu dans toutes mes actions entreprises une manière de planter des graines même si toutes ne portaient pas leurs fruits. 

Selon moi, c’est l’immobilisme le vrai problème. L’insatisfaction naît lorsque le besoin de sécurité prend le pas sur l’audace. Mais si on accepte de tomber, si on accepte que l’inconfort fait partie du jeu, du changement, de la vie, tout devient plus simple finalement. Je vis maintenant en Islande et j’aime bien ce proverbe qui résume parfaitement ma pensée ;« Tout va bien aller », tout simplement ! C’est ce growth mindset, cette propension humaine à se construire et se réinventer que je veux transmettre à mes enfants.

Aujourd’hui, je réconcilie mes deux passions

J’ai eu de la chance de lancer mon activité au Luxembourg en 2012. À cette époque, le métier n’existait pas du tout là-bas et j’étais la première sur le marché. En toute honnêteté, je ne me suis jamais mis de pression car mon mari assurait les revenus de notre foyer pendant les premières années. Le soutien de mon mari m’a permis d’oser d’autant plus. Mais je sais qu’il faut du temps pour pouvoir s’en dégager un salaire décent, je dirais au moins quelques années et il me semble impossible d’être décoratrice d’intérieur en tant que salariée. C’est un métier qui s’exerce mieux en tant qu’indépendante à mon sens.

De mon côté, j’arrive au point d’apogée où je vais réconcilier mes deux passions. Je retourne à mes premières amours en lançant une formation pour devenir décoratrice d’intérieur. Le projet est encore en test et au stade embryonnaire (ou presque) mais je suis très heureuse d’avoir trouvé un travail qui serve mes objectifs de vie ! 

 

Les 3 conseils de Caroline pour se réinventer professionnellement :

  • Ecouter la petite voix au fond de soi. Quand on se libère de tous les blocages et de toutes les injonctions, c’est souvent cette petite voix qui a raison. Je pense sincèrement qu’on a tous·tes les réponses au fond de nous. 

  • Ne pas avoir peur d’avoir peur et accepter l’inconfort du chemin. Avoir confiance en ses capacités à traverser les expériences avec des doutes et de la peur 

  • Bien s’entourer et savoir sur qui on peut compter. Avoir une personne qui réussisse à faire taire les doutes et nous relancer quand on a une baisse de moral !

Ce qu’on peut retenir de l’histoire de Caroline, par Roxane Régnier, fondatrice de Misfit :

  • Ce n’est pas parce qu’on a eu un job “vocation” qu’il est impossible de se réinventer. Nos choix professionnels nous accompagnent dans chaque période de notre vie et  nous pouvons à tout moment développer de nouveaux centres d’intérêts qui peuvent déboucher sur une nouvelle vocation ! L’essentiel est d’accepter que nos expériences passées ne nous définissent pas.

     

  • L’immobilisme est le véritable ennemi : c’est en restant dans l’action que Caroline a réussi à lancer son activité en se détachant du syndrome de l’imposteur. En effet, le meilleur moyen de se sentir légitime est de saisir toutes les opportunités qui se présentent à nous et faire confiance à sa capacité d’apprentissage !
 
  • Beaucoup de femmes ont peur de reprendre leur vie professionnelle après un long temps d’arrêt. Comme Caroline, l’important est de détacher ce temps d’arrêt de votre personne et de vous focaliser sur le futur. C’est en vous projetant dans de nouvelles situations que vous relancerez la machine, pas en vous focalisant sur le temps d’arrêt.

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