Etude de cas #22 - Le ‘droit chemin’ professionnel n’existe pas quand on se fiche des injonctions de la société

À 31 ans, Laetitia a déjà eu mille vies. Ou presque ! Comme une plume, elle se laisse porter au gré des vents, de ses envies sans se poser trop de questions.

Elle raconte comment elle a multiplié les expériences professionnelles et personnelles en mettant toujours la liberté au cœur de sa vie. Elle rappelle aussi combien, en tant que femme, il est important de tuer le syndrome de l’imposteur et d’y croire !

Cinq semaines de vacances ? Très peu pour moi !

C’est là que tout a commencé ; je devais avoir une dizaine d’années et je revois encore mes parents jongler avec leurs cinq semaines de vacances annuelles. Ça m’a frappée. C’est ça la vie qui m’attend ? Cinq toutes petites semaines où je pourrais pleinement vivre ma vie ? Impossible.

Mes parents n’ont jamais cherché à me faire rentrer dans ce qu’on appelle « le droit chemin » mais ils tenaient à ce que j’aie au moins une licence. Après mon bac L, je change d’orientation presque tous les ans : sciences du langage, anthropologie jusqu’à ce que j’obtienne enfin ma licence en Lettres Modernes. 

À la fin de ma licence, tous mes collègues deviennent prof mais je sens que cette voie va me contraindre. Je ne pourrai pas choisir mon lieu d’affectation, pas choisir ma classe et encore moins voyager. Et j’ai envie de voyager…

Je m’installe à Belle-Ile et j’ouvre une boutique de mode

Cet été-là, je trouve un petit boulot de femme de chambre à Belle-Ile, en Bretagne. J’ai absolument besoin d’un pantalon de jogging noir mais impossible de trouver quoi que ce soit sur l’île. Tout est trop chic, trop cher. C’est là que germe l’idée dans ma tête : je vais ouvrir une boutique de vêtements ici, sur cette île !

J’entame les recherches et je m’associe avec un homme qui travaille sur les marchés qui propose des vêtements à la mode et à des prix accessibles. J’ai 20 ans. Pendant les trois années qui suivront, j’aurai un rythme de vie effréné : d’avril à septembre, je suis à Belle-Ile, je travaille 12h par jour et 7 jours sur 7. L’hiver, je retrouve ma liberté et je voyage dans le monde entier. En parallèle, je me lance aussi dans un master de sophrologie et je fais quelques consultations ‘au black’.

Je trouve un vrai équilibre dans ce rythme saisonnier mais au bout de trois ans, je me sens un peu isolée sur l’île. Et puis je me pose des questions d’ordre éthique : oui, je gagne bien ma vie mais je m’interroge sur les conditions de fabrication des vêtements que je vends et j’ai un vrai besoin d’indépendance par rapport à mon associé. Je décide de tout arrêter et je retourne vivre chez ma mère.

L’envie de voyager devient plus forte et je rentre au Club Med

Chez elle, je réfléchis à ce que j’ai envie de faire. J’ai besoin d’un travail qui me permette de préserver ma liberté et de gagner suffisamment d’argent pour voyager. Ma mère me dit qu’elle a toujours rêvé de faire GO (Gentil Organisateur) au Club Med. Ni une ni deux, je candidate. Trois semaines plus tard, je commence cette nouvelle aventure.

Cette expérience est à la fois géniale et horrible. Je rencontre plein de monde, j’ai l’impression d’être dans une grande famille et je suis toujours aussi libre. Mais moi qui rêve de soleil et de mer, on m’envoie toujours dans des destinations d’hiver. Et je gagne une misère. Au bout de trois saisons, je m’enfuis. Littéralement. Je dis à ma direction que j’accompagne une copine à la gare mais c’est moi qui saute dans un train. Je rentre chez ma mère. 

Je commence à envisager de partir en Suède ou en Norvège. Je suis attirée par leur culture. Mais une ancienne collègue me contacte et me propose de la rejoindre en Nouvelle Calédonie où un boulot dans une boutique de vêtements m’attend. Je fais mes valises et je pars.

Après mon accident, je quitte ma prison dorée et m’installe en Grèce

Je travaille quelques mois dans une boutique de vêtements mais au fil des rencontres, je trouve un travail d’assistante vétérinaire. Rien à voir avec ma formation mais j’adore les animaux et en Nouvelle-Calédonie, les employeurs ont moins d’attentes par rapport aux diplômes, ils se focalisent beaucoup plus sur la confiance.

Un gros accident de scooter remet tout en cause ; on me dit que je vais perdre ma jambe ou que je boiterai toute ma vie. Il en est hors de question. Je ne sais pas pourquoi, mais je sais au fond de moi que tout va rentrer dans l’ordre. Après l’opération, je passe 3 mois alitée. J’en profite pour me soigner en faisant de la sophrologie. Je ne prends aucun médicament et après 7 mois de kiné, je n’ai aucune séquelle de cet accident.

Je sens qu’il est temps pour moi de revenir en Europe. Ma famille me manque et je vois que la Nouvelle Calédonie est une prison dorée. À ce moment-là, je suis un peu amoureuse d’un garçon qui habite en Grèce et quelques mois après mon retour, il me propose de le rejoindre et on tente tous les deux l’aventure.

Mon compte Instagram fait un boom en 24h

Je trouve très vite un travail de représentante en tourisme dans les Cyclades ; j’organise les tours, les locations de voiture, les réservations au restaurant. Le rythme saisonnier me convient toujours autant ! Mais la crise sanitaire ralentit l’activité et je m’ennuie. J’ai envie de faire quelque chose de tout ce temps et de me sentir utile.

Je suis beaucoup de comptes militants : antispécistes, féministes… Comme je suis passionnée d’étymologie, je me penche sur la question des insultes et me demande dans quelle mesure elles sont discriminantes, sexistes.  En septembre 2020, je lance un compte Insta que j’imagine alors être un dico des insultes à usage de celles et ceux qui voudraient insulter de manière inclusive. Mon compte explose. Je ne me l’explique toujours pas. Certains gros comptes ont partagé mes posts et les abonné·e·s sont arrivés en masse. En 24h, j’atteins 5000 abonnés ! 

Aujourd’hui, @c’estquoicetteinsulte compte 21K abonnés. Je m’en occupe à plein temps. Dans quelques mois, mon livre co-écrit avec Alice du compte @jesuisunesorcière va sortir aux éditions Mango. Je suis en pleine réflexion pour savoir quoi faire et où aller avec ce compte pour pouvoir en vivre ! 

Laetitia Etude de cas 22

Les 3 conseils de Laetitia pour se sentir libre dans sa vie professionnelle :

  • Trouver l’équilibre entre l’argent et l’éthique. Je suis convaincue qu’on ne peut pas être fièr·e de l’argent que l’on gagne si c’est au détriment de la morale.  Même si bien sûr, tout dépend de nos possibilités et de notre place dans la société…
  • Apprendre à se connaître et essayer d’être ce qu’on est vraiment et pas ce que les autres voudraient qu’on soit. Si les passions deviennent des métiers c’est parce qu’on est devenu ce qu’on est !
  • Garder toujours ses antennes ouvertes aux opportunités. C’est comme ça j’ai réussi à multiplier les expériences et à évoluer au fil de mes envies.

Ce qu’on peut retenir du parcours de Laetitia, par Roxane Régnier, Fondatrice de Misfit :

  • Les diplômes ne sont pas forcément vos meilleurs alliés dans votre vie professionnelle ! Laetitia est passée de directrice de boutique à auteure en passant par assistante vétérinaire sans avoir jamais aucun diplôme dans ces domaines. Finalement, c’est plus sa détermination, sa confiance et sa débrouillardise qui l’ont aidé à être compétente dans ces différentes missions.

  • Les barrières les plus hautes sont celles construites par votre mental. Si Laetitia a réussi à se réinventer dans autant de situations atypiques, c’est parce qu’aucune injonction de la société ne la freine. Laetitia n’a pas de croyances dites ‘limitantes’, au contraire, elle est convaincue que tout est possible.

  • Voir la fin d’une expérience comme un nouveau début plutôt que comme un échec. Laetitia ne s’est jamais sentie particulièrement “déçue” que l’un de ses jobs ne la satisfasse plus. Au contraire, elle voit toute fin comme une opportunité de réinvention quand beaucoup de gens vivraient cette fin comme un échec. Elle met beaucoup plus d’attention et d’énergie sur le “processus” que sur la finalité, et ça lui sert !

Comme Laetitia, vous souhaitez vous libérer des injonctions de la société et vous sentir pleinement libre dans votre vie professionnelle ?

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