Ouvrir un café-bar après avoir été chargée de communication

Après quelques années dans le monde de la communication, Camille se sent perdue et désillusionnée quant au monde du travail. Il va vraiment falloir qu’elle tienne toute sa vie avec ce sentiment d’inutilité et d’absurdité ?
L’histoire de Camille est celle d’une femme qui se rend compte, petit à petit, que tout est possible et que l’ennui au travail n’est pas une fatalité.

Après avoir dépassé son syndrome de l’imposteur et osé aller là où elle avait envie d’aller, Camille a trouvé sa voie pour réaliser son rêve : ouvrir un café-bar dans un village de 800 habitants.

Ouvrir un café après avoir été chargée de communication

Je n’avais pas de projet professionnel défini alors j’ai choisi en fonction de mes goûts du moment

Lorsque je me suis orientée professionnellement, j’ai choisi de me lancer dans une Licence d’anglais LLCE. Cette licence n’entrait pas dans un projet de carrière global mais relevait plutôt d’un choix, à l’instant T, en fonction de mes goûts du moment. J’aimais l’anglais et ça me semblait être une raison suffisante. Après ma licence, je suis allée étudier quelques années en Angleterre : là, j’ai effectué un master en sociologie de la communication.

Après mes études, je commence comme tous les jeunes diplômés à chercher un premier emploi. Grâce à mes connaissances et par ce que j’appelle des heureux hasards, je me forge deux premières expériences dans le domaine de la culture. Je sentais bien que ma place n’était pas tout à fait là lorsque j’ai décroché un poste de chargée de communication au sein d’une université du Grand Est. 

J’ai le sentiment d’exercer un métier inutile, absurde.

À cette époque, je m’intéresse beaucoup à la communication web ; je suis alors chargée de traduire et de mettre à jour le site internet de l’Université. Ce poste, il tape en plein dans le mille et je passe quelques mois dignes de ce qu’on appelle une lune de miel. Mais très vite, je trouve le temps long : mes journées ne sont pas remplies, je m’ennuie et je ne trouve pas de sens à mon travail.

Lorsque mon CDD se termine, je décide de ne pas renouveler et je trouve rapidement un autre poste dans le service communication d’une autre université. Je m’occupe de l’animation des réseaux sociaux.

Au bout d’un an, je m’ennuie de nouveau. Les process internes  sont longs et je n’arrive pas à mettre en place mes idées, faute de validation. Je me sens complètement inutile et je trouve mon travail absurde.

Etude de cas Cécile

À trente ans, je remets tout en question et je me sens totalement perdue.

Après cette expérience à l’université, je ressens une profonde désillusion quant au monde du travail : comment les gens peuvent-ils adhérer à ce rythme monotone et absurde ? 

En 2018, pour des raisons personnelles, je déménage à Clermont-Ferrand. Je n’aime pas tellement la ville et je me retrouve dans une grande errance professionnelle : je postule à des jobs en espérant ne pas être prise, je ne me sens pas assez légitime pour me tourner vers des métiers plus axés sur la créativité et le marketing. J’ai peur de l’ennui professionnel et je me sens complètement paralysée. J’ai presque 30 ans et je fais une dépression.

À ce moment, je m’interroge sur le monde du travail. J’ai l’impression que tout le monde autour de moi s’accommode d’un travail peu épanouissant mais je n’arrive pas à m’y résoudre. J’ai l’impression d’avoir tout raté, d’avoir fait les mauvais choix au mauvais moment. Je me demande comment retrouver du sens à mon métier et comment trouver une utilité dans la société par le biais de mon travail.

Mon syndrome de l’imposteur me retient pendant longtemps.

Je commence à réfléchir à d’autres horizons et je me pose beaucoup, beaucoup de questions. Au cours de mes réflexions, je me rends compte que le milieu de la restauration et du bar m’ont toujours intéressée mais quelque chose me retient : que vont dire mes parents ? Est-ce que je ne gâche pas mon potentiel ? Que faire de ce Master en communication ?

En discutant avec mes amis, je réalise que beaucoup d’entre eux ne sont pas non plus épanouis dans leur travail et qu’ils se posent des questions sur leur avenir professionnel. Ça me rassure, je ne suis pas seule !

Je décide de chercher un boulot dans un restaurant ou un bar. A ce moment-là, mon syndrome de l’imposteur me retient et je n’arrive pas à passer le cap. Qui suis- je pour prétendre à ce genre d’emploi alors que je n’ai jamais travaillé dans ce domaine ? Ce sentiment est d’autant plus fort que dans le domaine de la restauration, il faut « être du métier ». 

Un jour, je vois une annonce pour un poste de barman dans un petit bar à cocktails que je connais. Il n’y a pas d’expérience requise car la patronne s’est elle-même reconvertie. Elle m’embauche ! Les premières semaines sont difficiles mais je me sens à ma place : les horaires me permettent de profiter pleinement de ma journée et je ressens une grande satisfaction à travailler dans quelque chose de concret. Je ne m’ennuie jamais et je me sens portée par la relation client. 

Ma patronne a été un vrai modèle pour combattre mon syndrome de l’imposteur et m’aider à me sentir légitime. Le fait d’avoir des retours directs et concrets sur mon travail m’a aussi beaucoup aidée et je me suis rendu compte que la plupart des gens apprennent leur métier sur le tas et tâtonnent beaucoup !

Etude de cas #26 Camille Frank - Ouvrir un café après avoir été chargée de communication

Après le COVID, je décide d’ouvrir un bar dans un petit village.

J’avais toujours eu en tête d’ouvrir un café-bar à la campagne, pour redynamiser des petits villages. Après le COVID, j’achète avec mon compagnon une maison à 45km de Clermont-Ferrand et il devient impossible de continuer à travailler dans mon bar à cocktails. Et il se trouve qu’il n’y a pas de café dans mon village. L’idée commence à germer dans ma tête…

J’ai des doutes, je suis encore empêtrée dans mon syndrome de l’imposteur mais je parle de ce projet de café-bar au maire. Il est hyper partant ! A ma grande surprise, je me rends compte qu’ouvrir un bar n’est pas si compliqué : la mairie me loue un local et une licence 4. C’est aussi la mairie qui prend en charge la rénovation du bâtiment. En parallèle, la Chambre de Commerce m’aide à faire mon business plan pour démarcher les banques et obtenir un prêt de 13 000 euros à taux 0,75. La plateforme d’initiative locale m’a aussi accordé 5 000 euros. Mon permis d’exploitation et ma formation hygiène ont été 100% financés par Pôle Emploi. Tout est allé tellement vite : il s’est écoulé à peine 7 mois entre mes premières démarches et et l’ouverture de celui-ci qui a eu lieu le 3 juillet dernier ! Depuis, je n’ai pas l’impression de travailler une seule seconde. C’est un vrai plaisir !

Etude de cas #26 Camille Frank - Ouvrir un café après avoir été chargée de communication
Etude de cas #26 Camille Frank - Ouvrir un café après avoir été chargée de communication

Les 3 conseils de Camille pour se lancer :

  • Bien s’entourer, parler de ses idées et les confronter à la réalité. Souvent, cela permet de se rendre compte que ces idées sont réalisables, possibles à mettre en place.

  • Se nourrir des expériences des autres pour s’encourager et trouver des modèles. Cela permet de démystifier beaucoup de choses, de prendre du recul et de se dire « moi aussi, j’en suis capable ! »

  • Faire taire les petites voix dans sa tête et se détacher de ses croyances limitantes.

Ce qu’on peut retenir de l’histoire de Camille, par Roxane Régnier, fondatrice de Misfit :

  • Ouvrir un bar sans investissement de départ, c’est possible ! Camille a su faire appel aux bons interlocuteurs (Mairie, Chambre du Commerce, Plateforme d’initiative locale, etc.) pour mobiliser des fonds et financer l’ouverture de son café bar. Quand on s’imagine qu’il faut investir des dizaines de milliers d’euros pour ouvrir un commerce, Camille nous prouve le contraire !

  • Votre syndrome de l’imposteur ne doit pas vous empêcher de lancer votre projet ! En effet, le syndrome de l’imposteur est un sentiment, ce n’est pas une réalité sur laquelle baser une quelconque décision. L’histoire de Camille nous montre que son sentiment d’imposture dans le monde de la restauration n’était qu’une illusion et qu’elle était pleinement capable de lancer un café bar.

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