Comment s’épanouir lorsqu’on est multipotentiel ?

Cette semaine, on s’attaque à un sujet trop peu souvent abordé selon moi : comment s’épanouir lorsque l’on s’intéresse à tout sans être passionné.e de rien  ?

Dans son livre The Da Vinci cursed, Leonardo Lospennato décrit l’embarras de ces personnes qui multiplient les talents et les centres d’intérêt, appelées communément aujourd’hui multipotentiels. Des personnes avec une soif d’apprendre hors du commun, mille idées à la minute et qui voient le choix comme un renoncement à d’autres opportunités. Gros dilemme.

On ne connaît pas précisément le pourcentage de la population concernée par cette “malédiction de Vinci” car il est difficile d’identifier un profil multipotentiel – tant chez soi que chez les autres.

Dans cette newsletter, on passera en revue les caractéristiques des multipotentiels, je vous parlerai de mon expérience et vous dirai comment j’ai réussi à m’épanouir grâce à mon profil multipotentiel.

Outil #1 : Reconnaître les caractéristiques

Etre multipotentiel, c’est avoir le cerveau en ébullition permanente. Des idées, des envies, l’impression d’avoir une vie trop courte pour y faire rentrer tous les projets. Les personnes multipotentielles sont touche à tout ; souvent, elles vivent mal le fait de ne pas avoir une seule et unique passion. La fluctuation permanente de leurs centres d’intérêt les déstabilise et elles peuvent avoir l’impression de ne pas avoir d’identité marquée, d’être un peu perdues. 

Dans tous les domaines, une fois les premiers instants d’excitation, de découverte et de challenges passés, les personnes multipotentielles s’ennuient et ressentent le besoin d’aller explorer de nouvelles pistes.

J’ai moi-même un profil multipotentiel ; j’aime la couture, le patin à roulettes, la randonnée, l’entrepreneuriat, le tissu aérien, le yoga, je m’intéresse autant au développement personnel qu’à la physique quantique et j’ai toujours, toujours l’impression de courir après le temps.

Je le vivais assez mal jusqu’à ce que je tombe sur le profil de Carole Juge Llewellyn, la CEO de Joone. Elle aussi multipotentielle et a multiplié les vies dans une vie : elle a été auteure, comédienne, actrice et entrepreneure. En voyant ce qu’elle avait accompli, j’ai compris que ma soif de diversité était une vraie opportunité. Il fallait que je dessine les contours de mon métier idéal plutôt que d’essayer en vain de rentrer dans une case.

Outil #2 : Se détacher de l’injonction du choix

Car c’est justement de ça dont il s’agit. De faire rentrer dans des cases des personnes qui ne peuvent pas y rentrer. Notre société est celle du choix : d’une filière, d’un métier, d’une entreprise, d’une passion. Même d’un·e conjoint·e. Léonard de Vinci, a été successivement peintre, sculpteur, architecte, anatomiste etc. A son époque, ce n’était pas un problème mais chez nous, ça coince.

Cette inadéquation avec les attentes de la société crée souvent un mal-être. Les expériences très variées des multipotentiels sont vues comme une errance, une inconstance. On les juge de manière négative ; comment vous vous défendriez lors d’un entretien d’embauche si vous avez été gérant·e de bar, paysagiste, écrivain·e, prof de yoga puis responsable marketing ? Pas facile d’y voir de la cohérence et de la stabilité.

Mais pour s’épanouir en étant multipotentiel il faut justement se libérer de cette injonction du choix. Pourquoi serait-on obligé·e·s de choisir d’ailleurs ? La différence notable entre les multipotentiels et le reste de la population réside dans le fait que la diversité est leur moteur. Ces personnes-là, à l’instar de Léonard de Vinci et de ses contemporains, ne cherchent pas à devenir des spécialistes dans un domaine mais à en connaître 80%. Puis de passer à une autre activité, un autre hobby, un autre métier. C’est aussi comme ça qu’on peut développer une grande richesse culturelle et intellectuelle à mon sens.

Outil #3 : Devenir slasheur ou freelance

Pour calquer à cette vision non-linéaire de la vie, il y a heureusement des options. Je le vois depuis quelques temps et la tendance se confirme, on est en train de faire bouger les lignes du monde du travail. On veut gagner en liberté, en flexibilité, en pluralité. C’est une vraie aubaine pour les profils multipotentiels.

Quoi de mieux que de devenir freelance pour gagner en liberté en choisissant notamment ses clients, ses horaires et son lieu de travail ? Les freelances représentent près d’un million d’actifs en France. Choisir ce statut c’est choisir de dynamiser son activité professionnelle en diversifiant ses clients et ses casquettes.

On parle aussi de plus en plus des slasheurs, ces personnes qui multiplient les activités professionnelles, qu’elles soient rémunératrices ou non. Une excellente solution pour les personnes multipotentielles qui n’ont pas besoin de renoncer à quoi que ce soit et peuvent explorer autant de pistes que leur permet leur emploi du temps. Le choix est alors vécu de manière personnelle, un équilibre entre les fluctuations des envies et des intérêts du moment. 

Je vous invite à vous replonger dans les histoires de Marion, prof d’anglais et youtubeuse pour savoir comment devenir slasheuse et de Léa qui réussit à combiner son activité de  freelance et podcasteuse ! 

C’est finalement ce que j’ai réussi à faire en créant Misfit. J’avais l’énergie et l’envie de monter ma boîte tout en étant coach de vie et j’ai réussi à combiner les deux activités. À côté, je continue de m’intéresser à tout, et qui sait dans quel projet je me lancerai dans 10 ans !

Pour les profils multipotentiels (et les autres), il faut s’autoriser à tester, à explorer et n’y voir qu’une force dans la mesure où ces cheminements permettent d’atteindre une VRAIE satisfaction.