Elle est pas trop courte pour le bureau ta jupe ?

Comme toujours, les sujets du blog qu’on vous propose sont liés à des constats fait au cours des sessions d’accompagnement chez Misfit. La banalisation du sexisme ne cesse de nous surprendre d’où le sujet de cet article : le sexisme au travail. 

Ce n’est un secret pour personne, dans leur quotidien professionnel, une majorité de femmes est concernée par le sexisme ordinaire. De près ou de loin. Que ce soit au sein de leur équipe, de la part de supérieurs hiérarchiques, de prestataires ou de clients, 80 % des femmes en sont victimes (Source : Conseil Supérieur à l’Egalité Professionnelle).

Notre communauté étant féminine, je me focaliserai aujourd’hui sur les remarques sexistes et autres discriminations subies par les femmes uniquement – bien que les hommes puissent également subir ces formes de discrimation. 

Aujourd’hui donc, je vous propose un petit florilège des remarques sexistes entendues ci et là, des moyens de réagir verbalement ou juridiquement et de combattre durablement le sexisme quotidien. Bonne lecture ! 

le sexisme au travail

Outil #1 : Repérer le sexisme

Le sexisme est une discrimation basée sur des critères de genre. Il en résulte un système de pensée où les stéréotypes genrés (positifs ou négatifs) sont appréhendés comme une vérité absolue. Penser par exemple que les hommes ne peuvent pas faire deux choses à la fois alors que les femmes, elles, sont multitâches. 

Le sexisme est une notion assez complexe à définir en raison de la multitude de formes qu’il peut prendre. Le plus souvent, cela passe par des remarques humoristiques et banalisées, des interpellations familières comme « ma belle » ou « ma petite » qui participent à l’infantilisation de la femme dans le milieu professionnel, des remarques sur le physique ou les tenues vestimentaires qui projettent une sexualisation unilatérale, des propos sexistes sur la maternité et les taches familiales (75 % des femmes ont ainsi subi des réflexions sur leur maternité et son impact supposé sur leur travail – Source : enquête du CSEP/LH2 2015). Bref, la liste est longue !

Dans mes séances, on m’a rapporté des phrases aussi banales que « Tu es très irritable aujourd’hui, tu as tes règles ou quoi ? » à d’autres plus violentes telles que « Ta jupe là, c’est presque un appel au viol »J’en profite pour rappeler qu’il n’est pas rare du tout que le sexisme quotidien glisse doucement et insidieusement vers le harcèlement moral ou sexuel. 

Pour comprendre si l’on se trouve face à du sexisme, il faut garder en tête une limite très claire : le respect mutuel. Je suis convaincue que l’on peut rire de tout mais que toutes les relations humaines et sociales doivent être basées sur un respect mutuel qui en garantit l’équilibre et l’équité. 

Outil #2 : Apprendre à réagir verbalement

Mais comment réagir ? La plupart du temps, face à du sexisme ordinaire, on se trouve un peu impuissant·e·s, sans répartie. Et on se contente de rire bêtement à une blague ou une remarque qui n’a rien de drôle. 

La première posture consiste à développer son assertivité et apprendre à dire non. Si une remarque ou un comportement nous semble désobligeant, inapproprié, il faut le faire savoir. Une explication peut avoir lieu à posteriori pour expliquer que telle attitude, tel propos est blessant, condamnable et qu’on ne veut plus y être confronté·e de nouveau. Rappeler aussi que depuis 2015, le sexisme est interdit par le code du travail. Ça fait toujours mouche !

Dans le cas où les remarques sexistes sont faites sous couvert d’humour, il y a une technique imparable : dire  “Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi c’est drôle. Tu peux m’expliquer ? Je ne comprends toujours pas.” La personne finit par se retrouver face à son sexisme et se sent bête.

Si le sexisme va plus loin, il ne faut pas hésiter à avoir recours à un médiateur, une personne de confiance (un collègue ou une personne du service RH par exemple) pour désamorcer la situation et se faire accompagner. 

Peut-on réellement vivre de sa passion ?

Outil #3 : La légitimité de la femme dans le monde professionnel

Bien qu’anodines, les remarques sexistes posent un problème essentiel : elles participent à l’invisibilisation de la femme et à la remise en cause de sa légitimité. Récemment, une femme que j’accompagne me racontait que lors d’une réunion, ses clients (tous des hommes) s’adressaient à son stagiaire plutôt qu’à elle. C’est quand même dingue ! 

Je constate tous les jours que le monde du travail n’est pas encore un territoire conquis pour les femmes. On s’y sent rarement à notre place, entendues, soutenues, mises en valeur. Lorsque j’ai commencé à coacher des hommes et des femmes, je me suis rendu compte que 8 femmes sur 10 (contre 3 hommes sur 10) évoquent un problème de confiance en soi. 

La bonne nouvelle c’est que les ressources pour combattre ce sexisme ambiant sont en nous. Il faut apprendre à développer son assertivité, à proposer des idées, à les défendre, à se sentir légitime dans ses expériences professionnelles sans jamais laisser quiconque remettre en cause la valeur de notre travail que l’on soit femme, enceinte, mère, moins diplômée, plus diplômée. Ça, c’est du girl power !