Quitter son job et toucher le chômage : comment faire ?

Dans cet article je vous livre les clefs pour quitter votre entreprise sans faire trop de vagues.

Lorsqu’on prend la décision de se réinventer professionnellement, la première étape est de savoir comment quitter son travail pour (enfin !) se lancer dans sa nouvelle activité professionnelle. Si le passage à l’acte est toujours angoissant, il existe pourtant des solutions fiables et sécurisantes pour entamer sa reconversion sans pression financière.

Afin de créer Misfit en toute sérénité, j’ai demandé une rupture conventionnelle à l’entreprise qui m’embauchait. Cette négociation m’a permis de prétendre au chômage pendant deux ans et de bénéficier d’une sécurité financière le temps de stabiliser la croissance de Misfit.

Alors comment négocier votre rupture conventionnelle ? Quelles sont les autres solutions qui s’offrent à vous si votre chef·fe vous la refuse ? Toutes les solutions citées ci-après sont plus ou moins classes… À vous d’opter pour celle qui vous semble la plus adaptée à votre situation.

Comment dépasser la peur de l’échec ?

Pour les négociatrices : la rupture conventionnelle ou le dispositif démission reconversion

Ces deux premières solutions font partie des grands classiques pour quitter son entreprise en s’assurant de toucher le chômage

  • La rupture conventionnelle est l’accord entre les deux parties pour que le salarié puisse, à l’issue de la procédure, quitter l’entreprise afin de prétendre aux allocations chômage.
    On pense à tort que la rupture conventionnelle est difficile à négocier. Elle est de plus en plus souvent pratiquée par les entreprises et il ne faut donc pas avoir peur d’aborder le sujet lors de votre entretien annuel ou d’en parler à votre RH si besoin.


La première étape pour négocier votre rupture conventionnelle ? En parler ouvertement avec votre manager et prendre la température.  

  •  Une autre option vous permet de quitter votre job en vous assurant le chômage si vous avez un projet de reconversion professionnelle. Pôle Emploi a mis en place un dispositif appelé “Démission, reconversion”. Il permet de démissionner de son poste pour entamer une formation ou créer une entreprise. Ce dispositif peut être un excellent moyen de vous lancer dans une nouvelle activité professionnelle tout en bénéficiant d’une sécurité financière.

La première étape est de vérifier votre éligibilité à ce dispositif ici, puis de suivre les étapes données par Pôle Emploi.

Pour les plus déterminées : le PACS ou l’abandon de poste

Si vous n’arrivez pas à obtenir de rupture conventionnelle et que vous ne répondez pas aux critères du dispositif démission / reconversion, je vous livre deux autres procédures qui vous permettent de toucher le chômage après avoir quitté votre poste.

  • Un rapprochement avec conjoint·e est un motif valable pour toucher le chômage après une démission. Si votre conjoint·e est muté·e dans une autre ville, votre démission est considérée comme légitime. Le dispositif vous permet de suivre votre conjoint·e dans sa nouvelle affection et de bénéficier du chômage. Un·e conjoint·e est, selon la loi, une personne avec qui vous êtes marié·e, pacsé·e ou avec qui vous vivez en concubinage. Pour cette dernière option, vous devrez prouver que vous viviez avec la personne avant sa mutation.


La première étape pour le rapprochement avec conjoint·e ? Vous marier ou vous pacser !!
 

  • Les abandons de poste donnent aussi le droit au chômage. Le mot fait peur mais l’abandon de poste est souvent négocié avec votre employeur. Dans certains cas, c’est une solution libératrice pour toutes les parties et qui garantit à l’employé de bénéficier du chômage. Alors, l’employeur et l’employé se mettent d’accord sur les dates de l’abandon de poste et le délai de licenciement pour faute grave. 

À noter : la faute grave donne droit au chômage, la faute lourde (violence, etc) non. Cette faute grave n’est inscrite dans aucun dossier qui pourrait vous pénaliser. En revanche, attention, si vous n’êtes pas en bons termes avec votre employeur, il peut tarder à faire les papiers de licenciement et vous laisser dans une situation délicate. Autre différence avec la rupture conventionnelle : vous aurez un délai de carence d’un mois et demi environ avant de toucher le chômage, le temps de vous faire licencier (si l’employeur fait les papiers rapidement).


La première étape pour abandonner votre poste ? Ne pas vous pointer au bureau et vous y tenir. Non, je rigole. Si votre négociation de rupture conventionnelle n’aboutit pas, proposez à votre manager de négocier un abandon de poste.

Comment mieux utiliser son intuition ?​

Pour celles qui ne sont pas prêtes à couper le cordon : le congé sabbatique ou l’arrêt maladie

Si vous avez envie de prendre du recul par rapport à votre poste mais que vous avez encore peur de couper le cordon, deux options peuvent vous permettre de souffler un peu.

  • Il est possible de négocier avec votre entreprise un congé sabbatique. Pour cela, il vous faudra répondre à certains critères : avoir une ancienneté minimale fixée par la convention collective dans votre entreprise ou justifier de 6 années d’activité professionnelle. Vous ne devrez pas, par ailleurs, avoir bénéficié d’un congé sabbatique, d’un congé pour la création/reprise d’entreprise ou d’un CIF de plus de 6 mois depuis une durée déterminée par l’accord d’entreprise. Ce congé vous permet de suspendre votre contrat de travail (entre 6 et 11 mois ) afin de réaliser un projet personnel : débuter un side-project, entreprendre un voyage, ou juste du temps pour vous…

La première étape pour partir en congé sabbatique ? En parler avec votre manager. 

  • Dernière flèche à votre arc pour prendre du recul, un arrêt maladie. Certaines relations conflictuelles au travail peuvent générer des états de stress élevés, un trouble du sommeil, de l’épuisement, de la fatigue chronique. Si vous vous retrouvez dans une telle situation, il est peut-être préférable de vous adresser à votre médecin pour faire le point sur votre situation avant qu’elle ne dégénère.

La première étape ? Prendre rendez-vous avec votre médecin et lui exposer votre situation.