Faut t-il en finir avec le concept de vocation professionnelle ?

Quel est mon métier idéal ? Quelle est ma vocation professionnelle ? Pour quoi suis-je fait·e ? Vous aussi, vous vous êtes déjà posé ces questions ?

Avant de créer Misfit, ces questions étaient sans cesse dans ma tête. Et pour cause ! Il y a une sorte d’anxiété à trouver sa voie. Sa place. On voit dans la vocation professionnelle quelque chose de magique, qui nous tombe dessus, qui vient du fond des tripes. Un peu comme le prince charmant…

Spoiler alert : le prince charmant n’existe pas. La vocation professionnelle non plus ! Du moins, ce concept est à nuancer. Surprenant de la part d’une coach en reconversion professionnelle ? Pas du tout ! Je constate que cette notion de vocation fait plus de mal que de bien et c’est la raison pour laquelle j’ai un avis assez tranché sur la question.

Loin des concepts de vocation et de mission de vie, j’aide avant tout les femmes à trouver l’activité professionnelle qui leur correspond dans le contexte qu’elles me présentent. 

Alors, d’où vient cette pression de trouver sa mission de vie ? Comment trouver l’équilibre entre ses besoins et la réalité du monde du travail ? Comment rester toujours aligné·e  ? 

En finir avec l

1. La vocation professionnelle ou la pression d’un métier pour la vie

Dans les années 2000, un grand changement s’est opéré dans le concept de travail. On y a ajouté les notions de plaisir, de sens, d’épanouissement. Et donc de vocation. D’où cette question lancinante que nous nous sommes tous·tes posé :  “qu’est-ce que je vais faire de ma vie ?” 

En effet, derrière la quête de plaisir et d’épanouissement se cache une énorme pression : celle de trouver un métier pour la vie. Celui-ci doit être parfait, évident. Il vous vient comme un déclic et il coche toutes les cases : équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, rémunération, reconnaissance, sens, expression de ses talents etc. Trouver sa vocation en devient presque religieux, spirituel. Mais si c’est une bonne chose de mettre du sens dans son métier, la multiplicité des voies professionnelles et l’injonction à l’épanouissement deviennent souvent une voie sans issue. 

Je trouve dommage que l’on s’enferme dans ce concept de mission de vie. Cela génère beaucoup de souffrance et de culpabilité. J’en sais quelque chose : avant de créer Misfit, je ne tenais pas plus d’un an et demi sur un même poste et je m’interrogeais toujours sur les raisons de mon éternelle insatisfaction. C’était de ma faute, je n’avais pas trouvé ma “mission de vie”.

Parmi les femmes que j’accompagne, beaucoup ont souffert de ne pas savoir quoi faire, de ne pas trouver. De tâtonner. C’est ce que raconte Olivia dans une étude de cas.

Je trouve aussi dommage que de nombreux·ses coachs jouent sur ce concept de vocation professionnelle pour vendre leurs programmes d’accompagnement. La “mission de vie” n’existe pas plus que le prince charmant, alors je préfère dire qu’on accompagne les femmes à faire le bon choix au bon moment.

2. Accepter les compromis et faire le bon choix au bon moment

Si je ne crois pas en LA vocation professionnelle, je crois néanmoins en l’idée DU bon choix au bon moment

Selon moi, cela fait toute la différence : lorsque l’on comprend que le métier-passion qui coche toutes les cases n’existe pas et ne tombera pas du ciel, on se met dans une posture active. Et surtout, on accepte de faire des compromis.

Lorsque l’on parle d’une personne qui a “trouvé sa voie”, on se concentre sur les bénéfices de sa situation mais pas sur les compromis qu’elle a dû effectuer pour atteindre son épanouissement. Pourtant, les compromis sont souvent nécessaires pour créer la vie que l’on souhaite. Pour qu’ils ne soient pas vécus comme des renoncements, il est important de s’interroger sur ses priorités du moment : le temps personnel ? La sécurité financière ? Le sentiment de plaisir au travail ?

Chez Misfit, on est très pragmatiques sur ces sujets-là. On vous accompagne pour identifier vos valeurs et trouver le meilleur compromis possible entre vos besoins, vos priorités et vos contraintes.

Je suis convaincue que dans la vie, les priorités évoluent et qu’avec elles évoluent nos choix professionnels. C’est pourquoi je trouve que la notion de “mission de vie” enferme. Elle est réductrice. Or, pour se réinventer, il faut oser changer !  Je pense notamment à Caroline, qui était persuadée que sa vocation était d’être professeure. Après plusieurs années, elle ne se retrouvait plus dans cette vie. Je trouve son histoire très inspirante : Caroline a su se détacher de cette notion de “vocation” et la remettre en cause lorsque celle-ci ne lui a plus convenu. Je vous invite à lire son histoire ici.

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3. Rester dans l’action

Vous le savez sans doute, la valeur phare de Misfit est le questionnement. Faire le bon choix professionnel à un instant T suppose avant tout de se connaître. Je suis intimement convaincue que les déclics, comme les grands moments d’intuition, ne sont pas des événements isolés mais sont bien le résultat d’un processus de connaissance de soi qui a été nourri par de nombreuses expériences, tentatives, échecs et questionnements

En effet, si je considère aujourd’hui avoir trouvé “ma voie”, j’accorde plus d’importance au processus qui m’a amené là qu’au résultat final. Pendant plusieurs années, j’ai avancé dans une direction. J’ai testé, compris ce qui ne fonctionnait pas et testé d’autres choses. Et petit à petit, ce processus de remise en question m’a permis de cibler les pistes qui correspondent le mieux à ma personnalité.

On voit souvent cette phase de recherche comme négative. Je fais, là aussi, partie de celles qui revendiquent le droit à errer et être perdu·e comme je le disais dans cet article !

J’aime penser qu’au lieu de chercher quelque chose à tout prix, il faut apprécier le processus d’apprentissage dans lequel on se trouve. Rester en mouvement, s’interroger, remettre les choses en question c’est pour moi la meilleure manière d’éviter de se tromper. Et d’avancer toujours dans la bonne direction !