Peut-on réellement vivre de sa passion ?

 

Il y a un peu plus d’un an, notre quotidien a basculé. Si on ne s’attendait pas à passer 8 semaines confinés, on ne s’attendait pas non plus à ce que la crise sanitaire amène autant de personnes à s’interroger sur le sens et la valeur de leur métier. Et pourtant… La mise à l’arrêt des activités extra-professionnelles a involontairement mis le travail au centre de notre vie et nous a poussé à nous interroger sur ce qui était essentiel et ce qui ne l’était pas. Et surtout, sur ce qui faisait sens pour nous. 

Au cours des derniers mois, j’ai vu mon agenda se remplir plus vite que son ombre et j’ai dû recruter trois nouvelles coachs pour répondre à toutes les demandes de reconversion. Comme si soudain, tout le monde avait pris conscience que quelque chose n’allait pas. Ou qu’on pouvait faire autrement, voire mieux. Et pendant les accompagnements, une question revient perpétuellement : 

Peut-on réellement vivre de sa passion ? 

Contrairement à celles de nos parents ou de nos grand-parents, notre génération est celle qui réinvente le monde du travail. Laetitia Vitaud, rédactrice en chef de Welcome to the Jungle explique : «  Le monde du travail que nous a légué le XXe siècle est en crise. Pendant près d’un siècle, il s’est organisé autour d’un contrat par lequel l’employeur garantissait un salaire, une relative sécurité de l’emploi et un statut social au travailleur. En échange, ce dernier consentait à une certaine forme d’aliénation. C’était le monde du labeur. Aujourd’hui, cependant, ce monde se désagrège  : les salaires stagnent, les parcours professionnels deviennent chaotiques et l’on s’y ennuie de plus en plus. Heureusement, un nouveau monde est en train d’émerger » L’activité professionnelle doit maintenant être synonyme d’épanouissement ; c’est un écosystème vertueux où l’on peut mettre du sens, de la singularité, de la passion.

Alors, comment allier activité professionnelle et passion ? Est-il nécessaire de faire de sa passion son métier pour y trouver du sens  et être heureux ? 

Outil #1 : Changer son rapport au travail 

La passion est définie comme une très vive attirance, un goût extrême, un penchant très vif et persistant pour quelque chose. Pour certains, une passion est une activité qui s’exerce en dehors de la sphère professionnelle, sans être associée à une rentabilité ni à une monétisation de compétences ; c’est plutôt un moyen de trouver un équilibre pro/perso. Pour d’autres, la passion doit être étroitement liée à l’activité professionnelle car elle permet de s’y investir pleinement. La lame de fond de ces dernières années, les notions de bullshit job et de brown-out nous incitent de plus en plus à opter pour une activité professionnelle découlant d’une passion. 

Mais comment concilier les deux ? La réponse est étonnamment simple : il suffit de changer son rapport au travail. Selon moi, la notion de « travail » n’a aujourd’hui plus de sens. Je suis d’ailleurs de plus en plus dérangée à l’idée d’utiliser ce mot qui signifie « labeur » en latin. Je préfère voir notre vie comme une somme d’activités rémunératrices et d’autres non rémunératrices. L’enjeu devient alors d’identifier ces activités et d’arriver à s’organiser de telle manière qu’elles puissent cohabiter. C’est en partant de nos valeurs et de nos besoins qu’on pourra définir les activités auxquelles nous souhaitons faire de la place dans notre vie. Seule la parfaite articulation entre ces activités rendra l’équilibre holistique possible.

Au-delà de la cohabitation de ces activités, il faut également identifier dans quelle mesure nous sommes prêtes à associer une activité à une pression et à une rentabilité. 

Outil #2 : Développer un side project

Pour celles qui ne se sentent pas (encore) prêtes à allier la notion de rentabilité à leur passion,, la solution est de développer un side project. Un side project consiste à développer un projet personnel, en lien ou non avec le métier exercé mais sans toutefois quitter son activité salariée, ce projet étant développé sur des temps de « loisirs ».

Mais attention, ce n’est pas un simple hobby ;  le side project, nécessite de se fixer des objectifs clairs et d’y consacrer un temps défini. Il peut prendre la forme d’un podcast, d’un blog, d’une marque de savoir-faire artisanale ou d’une chaîne Youtube, entre autres.

Comment lancer un side project ?

Cette année, je me suis moi-même lancée dans le développement d’un side project : je me suis fixé pour objectif de coudre l’intégralité de ma garde-robe. Oui ! Et je compte bien m’y tenir. Pour vous lancer dans un side project il faut : 

> Identifier le projet, l’activité qui vous passionne et organiser votre emploi du temps pour la faire cohabiter avec une activité professionnelle rémunératrice et/ou d’autres impératifs.

> Commencer en touchant votre cercle proche. 

> Ne pas vous mettre de pression financière et chercher à vous faire plaisir en premier lieu !

L’avantage de cette option est que cela permet de s’épanouir dans un autre environnement que celui proposé par le salariat sans subir de pression financière. En revanche, le développement d’un side project demande de l’investissement et une organisation importante : il est toujours plus facile de procrastiner sur des activités personnelles qui ne génèrent pas de rémunération. 


Outil #3 : se lancer dans l’entrepreneuriat

Si vous faites partie des jusqu’au-boutistes et que vous avez envie que votre passion existe dans toutes les sphères de votre vie, soyez audacieuses et lancez-vous dans l’entrepreneuriat !

Ce dernier est en hausse en France : en 2019, il y a eu une augmentation de + de 17% de créations d’entreprises. Ce mode de travail apporte autonomie totale, flexibilité et indépendance. Certaines lancent leur projet à côté de leur emploi à temps plein au début, d’autres quittent leur emploi pour pouvoir y consacrer 100% de leur temps. 

Comment lancer votre propre entreprise ?

> Identifiez le secteur, une cible et un problème à résoudre

> Chiffrez l’investissement nécessaire et identifiez les financements possibles

> Réalisez une étude de marché (entretiens avec prospects potentiels et experts du milieu)

> Testez votre offre avec une landing page ou une version minimale du projet

> Identifiez la meilleure manière d’avoir le chômage (RC, démission, etc)

Lancer son entreprise est une grande aventure exaltante, excitante, stressante aussi. Je parle en connaissance de cause ! Je vous conseille vraiment de vous faire accompagner par une structure compétente : incubateur, programme d’accompagnement spécialisé, banquier, comptable, etc. qui vous donneront les clefs pour gagner en compétences et en efficacité. 

Quand j’ai lancé Misfit, le projet devait se faire à deux et puis les plans ont changé. Je suis heureuse d’avoir été portée par la synergie du duo au début mais encore plus fière aujourd’hui d’avoir réussi à monter ma propre entreprise seule ! 

Quelle que soit l’amplitude horaire et le niveau de pression financière que vous décidez d’allouer à votre passion, n’oubliez pas que l’important est de trouver un équilibre. Cessez de vous comparer aux autres, regardez ce qui vous rend heureuse et faites-le !