Comment continuer à avancer quand l'anxiété est partout ?

Je suis d’un naturel plutôt optimiste mais il faut bien l’avouer, les temps que nous traversons sont assez moroses. 

Au-delà des questionnements qui émergent dans un tel climat, le contexte actuel en Europe génère pas mal d’inertie. En effet, lors d’une période incertaine, le premier réflexe est de se replier sur soi, sur ce que nous avons de tangible. Une forme de paralysie qui empêche d’enclencher des projets.

Je me suis alors demandé comment nous pouvions continuer à prendre des décisions et avancer dans ce contexte instable et anxiogène.

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1. Lever la culpabilité​

Si les climats anxiogènes nous paralysent, c’est qu’ils font naître en nous un sentiment de culpabilité

En effet, une nouvelle conjoncture correspond à l’émergence d’un nouveau référentiel social, mondial, politique. Celui-ci nous pousse à porter un regard nouveau sur notre existence et de l’analyser à l’aune d’une nouvelle échelle de valeurs. 

Deux possibilités :

  •  On trouve injuste d’avoir le privilège de continuer à vivre une vie plutôt normale.
  • On s’en veut d’accorder de l’importance à des problèmes qui, par rapport au contexte général, semblent dérisoires.

Dans les deux cas, on ressent de la culpabilité. Et les médias ou notre entourage sont là pour nous rappeler à l’ordre avec des phrases comme “Il y a la guerre et toi tu penses à tes petits problèmes.”

À mon sens, il est important de lever ce sentiment de culpabilité. Si la conjoncture internationale est mauvaise, cela ne veut pas dire que nos problèmes, aussi dérisoires semblent-ils, soient moins réels. Tout est une histoire de prisme. Et nous en avons plusieurs : celui de notre existence, de notre famille, celui de la société, du pays, du monde. Et chaque prisme répond à une échelle de valeurs. Ainsi, analysées dans NOTRE référentiel, nos contrariétés auront toujours la même valeur. Elles seront évidemment bien moindres si on les analyse dans le référentiel mondial. 

Ces prismes coexistent. Et c’est justement ça qui nous permet de continuer à vivre malgré un contexte général morose.

2. Le “bon moment” n’existe pas !

Pour sortir de l’inertie et de la culpabilité générées par le contexte actuel, il est aussi important d’en finir avec le mythe du “bon moment.”

On a tendance à penser que les périodes incertaines ne font pas bon ménage avec l’investissement immobilier, les changements de vie, les reconversions professionnelles. Face à l’instabilité générale, on ressent d’autant plus le besoin de sécurité

En effet, lorsque le contexte est mauvais, nous expérimentons un biais cognitif qui nous pousse à croire que l’immobilisation va assurer (ou sécuriser) les éléments positifs que nous avons dans notre vie. Cela nous pousse à rester dans l’inertie et à attendre le “bon moment” pour enclencher les changements ou mettre en place des projets.

Seulement voilà, le “bon moment” n’existe pas. Si l’on commence à analyser les choses à l’aune d’autres prismes que le nôtre, ce ne sera jamais le bon moment. Si l’on ressent le besoin d’initier des changements, je pense que c’est le signe qui doit nous pousser à l’action.

Je dirais même que dans les contextes difficiles, il est important de créer des opportunités de bien-être, des actions positives. À l’instar des personnes victimes d’éco-anxiété qui s’engagent dans la lutte contre le réchauffement climatique, les temps difficiles doivent nous pousser à chercher de l’espoir quelque part. Dans un projet, un changement, un acte militant. En restant dans l’inertie, nous accentuons le mal-être général d’un mal-être personnel. Alors que tout ce dont nous avons besoin, c’est de voir la lumière et de se rattacher à des choses concrètes, qui nous redonnent de l’espoir.

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3. L’importance de rester dans l’action

Le problème de l’inaction, c’est qu’elle augmente la sensation de paralysie générale. Notre vie est chamboulée de remises en question à cause de facteurs externes sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir.

Si l’on ne peut pas influer de manière positive ou négative sur certains facteurs, on peut en revanche se focaliser sur des éléments qui relèvent de notre champ d’action. C’est là que l’énergie que nous déployons peut nous être favorable ! Et même réduire le niveau d’anxiété.

On touche alors du doigt la notion de lâcher prise. Comprendre qu’il y a des choses sur lesquelles nous pouvons agir : ce que nous faisons, ce que nous disons, les efforts ou projets que nous mettons en place, notre relation aux autres etc. Et d’autres qui sont hors de notre contrôle. En adoptant ce lâcher prise, on comprend que l’inertie, l’immobilisme ne résoudront pas le problème des facteurs anxiogènes. Ils sont hors de notre champ d’action.

C’est pourquoi il est important, même dans les périodes de morosité générale, d’entreprendre des choses et de ne pas mettre de côté ses projets personnels. L’action permet de prendre du recul par rapport aux événements extérieurs, de se fixer des objectifs et de ne pas mettre en danger notre santé mentale. Voilà pourquoi tant de personnes se sont mises à faire du pain, s’engager dans des associations ou poursuivre leur rêve pendant le premier confinement ! Rester en mouvement est une des clés indispensables d’une bonne santé mentale.

Je finirai cette newsletter en rappelant que si vous vous sentez affecté·e par la conjoncture, autorisez-vous à demander l’aide dont vous avez besoin. Même si les événements semblent lointains. Même s’ils ne nous concernent pas directement.

Minimiser l’impact que le climat général peut avoir sur nous n’est jamais une bonne idée. Il est important de se protéger, de se préserver et pourquoi pas de se faire accompagner par un psy, un coach ou autre pour digérer les temps incertains que nous traversons. Je vous invite à relire mon article sur la santé mentale, vous verrez combien il est important d’en prendre soin !