Oui, vous pouvez prévenir votre burn-out

Selon l’Institut de veille sanitaire, en France, 480 000 personnes seraient en détresse psychologique au travail et 7% d’entre elles seraient concernées par le burn-out.

Le mal-être au travail n’a rien de nouveau. En revanche, la considération que l’on en a est plutôt récente. S’il est désormais pris au sérieux, le syndrome d’épuisement professionnel reste difficile à diagnostiquer. Beaucoup de médecins passent à côté des signes
avant-coureurs : eczéma, fatigue chronique, douleurs ou blessures, insomnies…

Parmi les femmes que j’accompagne, beaucoup ont mis du temps à comprendre qu’elles étaient en burn-out. Beaucoup aussi m’ont confirmé que les signes annonciateurs étaient apparus un an voire deux avant que des mots soient mis sur leur mal-être.

On dit souvent que le burn-out est lié à des facteurs extérieurs. C’est vrai ! Mais je pense aussi que le burn-out est le résultat de limites que l’on ne pose pas – ou que l’on n’ose pas poser. 

Oui, vous pouvez prévenir votre burn-out

1. Repérer un environnement négatif

On pourrait penser que le syndrome d’épuisement professionnel est plus courant dans des milieux où les conditions de travail sont difficiles. Il n’en est rien. Le burn-out touche plus souvent les cadres, des personnes qui évoluent dans des milieux professionnels de bureaux qu’on pourrait juger confortables. Il touche aussi les travailleurs de plus en plus tôt. 

En effet, notre société se caractérise par une culture de la performance. Qui n’a jamais entendu, lors d’un premier job ou d’un stage : “Serre les dents, défonce-toi, il faut que tu fasses tes preuves !” Dans ces quelques phrases, la machine du burn-out est déjà lancée. Ces injonctions à la performance supposent qu’il faut aller au-delà de ses limites, accepter tout et n’importe quoi pour décrocher “sa place” dans l’entreprise… 

De la même manière, le présentéisme fait partie intégrante de la vie des travailleurs en France. Montrer que l’on est motivé·e·s et performant·e·s, c’est accepter de faire de gros volumes horaires – parfois sans raison. Avant de lancer Misfit, je me souviens avoir passé des soirées entières au bureau, au détriment de ma vie personnelle et sociale. Je ne voulais surtout pas être la première à partir de peur que l’on me regarde mal, que l’on me juge. 

Si cette pression existe la plupart du temps naturellement, elle peut être aussi générée par une personnalité toxique. Un·e manager, un·e collègue, qui instaure un climat de méfiance, de malveillance et de pression psychologique. Je vous invite à relire mon article comment repérer et se protéger des personnes toxiques.

Ces éléments extérieurs peuvent jouer un rôle dans le burn-out. Mais, plutôt que de se mettre en position de victime, il est important de garder en tête que nous sommes les garant·e·s de notre bien-être mental et psychologique. Et d’identifier les signaux qui devraient nous alerter !

2. Pourquoi on reste ? Pourquoi on persiste et signe ?

Plus facile à dire qu’à faire, bien sûr ! Car au-delà des facteurs extérieurs, nous sommes sujet·te·s à des peurs ou à des dysfonctionnements comportementaux qui nous incitent à repousser nos limites. 

À commencer par le syndrome de l’imposteur. Vous savez, cette sensation désagréable de ne pas se sentir légitime, de ne pas mériter ses succès. Et souvent, lorsque l’on se sent illégitime, on met en place une stratégie de compensation ou de sur-investissement : des horaires à rallonge, des responsabilités, des dossiers ou des missions qui n’ont rien à voir avec celles prévues dans votre contrat de travail. Bref, on travaille sans relâche dans l’espoir de se sentir légitime, d’être reconnu·e. Évidemment, cette stratégie ne fonctionne pas et se fait au détriment de notre bien-être. 

La peur de perdre son travail joue aussi beaucoup. La plupart du temps, on pense qu’il faut toujours prouver qu’on a sa place dans l’entreprise, qu’il faut toujours en faire plus. On confond aisément légitimité et sur-investissement. Si je suis passée par là, j’aime désormais conseiller aux femmes que j’accompagne que ce qu’on attend d’elles est écrit noir sur blanc dans leur contrat de travail. Tout y est : le volume horaire, les missions, les responsabilités etc. 

Au-delà de ces limites contractuelles, il est important de connaître ses limites personnelles. Or cette notion n’est pas très répandue dans le monde du travail. Ni dans la sphère privée d’ailleurs ! Ce qui fait que beaucoup d’entre nous ne connaissent pas leurs limites. Et même lorsque l’on connaît ses limites, il est toujours difficile de dire “non”. Le “oui” est tellement plus confortable. Il ne génère pas de conflit, pas de déception. Mais le “oui” est aussi une solution de facilité, une fuite. Je vous invite également à relire mon article “Comment apprendre à dire non et à poser ses limites.”

Oui, vous pouvez prévenir votre burn-out

3. Apprendre à poser ses limites

Si beaucoup d’éléments sont hors de champ d’action (les compétences managériales de notre boss, la culture de l’entreprise, etc.) il nous appartient de décider de poser nos limites ou de les laisser se faire piétiner. 

La première chose à faire est alors d’identifier ses limites. Nous ne sommes pas tou·te·s capables d’absorber la même charge de travail ou la même charge mentale. Nous avons tou·te·s une résistance variable au travail, à la pression. Connaître ses limites c’est connaître ce qui est bon pour nous, ce qui va garantir notre bien-être mental et psychologique. En tant qu’hypersensible, je suis très affectée par le travail en open-space. Avoir conscience de cette limite m’a permis de cibler mon environnement professionnel idéal et de créer Misfit pour que mes accompagnements soient réalisés à distance.

Pour être certain·e·s d’être aligné·e·s, vous pouvez vous interroger sur la culture de l’entreprise que vous vous apprêtez à rejoindre : quelles sont les valeurs qui y sont prônées ? Est-ce qu’elles vous correspondent ? Tout cela peut être décelé dès l’entretien d’embauche ! Dès cet entretien d’embauche, vous pouvez également jouer cartes sur table et formuler clairement vos limites : pas de texto ou appel en-dehors des horaires de travail, rester dans le cadre d’un certain volume horaire, négocier une journée de télétravail etc. Plus tôt vous apprendrez à dire “non” et plus vos limites seront respectées. Vous verrez qu’en général, cette attitude génère un cercle vertueux où tout le monde réussit à s’épanouir.

Enfin, si vous avez des doutes quant à ce qui est attendu de vous, n’oubliez pas de vous en référer à votre contrat de travail. C’est votre guide, votre rampe lorsque vous commencez à glisser ou que vous avez tendance à vous laisser envahir 

Et vous, comment et quand avez-vous réussi à poser vos limites ? Je suis preneuse de votre expérience et de vos conseils !